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Expert-comptable opticien : tiers payant, 100 % santé, TVA et stock de montures

Un magasin d'optique est un commerce et une profession de santé à la fois : il vend des montures comme une boutique, mais délivre des verres sur ordonnance et se fait payer en grande partie par les complémentaires santé. La TVA, elle, est due dès la livraison des lunettes. Voici les règles de 2026, un mois de tiers payant suivi jusqu'au dernier règlement, et la mission d'expert-comptable que nous menons pour un opticien, depuis le cabinet de la rue du Colisée, à Paris 8e.

Par Nathanaël Bouskila, associé du cabinet Publié le Chiffres 2026

Exercice
BTS ou brevet professionnel d'opticien-lunetier, enregistrement avant de commencer
Lunettes et lentilles
TVA de 20 %, exigible à la livraison de l'équipement
Offre 100 % santé
Équipement de classe A à proposer, monture à 30 € au plus
Convention collective
Optique-lunetterie de détail (IDCC 1431)

Expert-comptable opticien : un commerce sous le Code de la santé publique

L'opticien-lunetier est une profession de santé. Pour l'exercer, il faut le brevet de technicien supérieur d'opticien-lunetier, le brevet professionnel du métier ou un titre reconnu, et s'enregistrer auprès du service désigné par le ministre de la Santé avant de commencer. La délivrance de verres correcteurs et de lentilles correctrices est réservée aux personnes autorisées à exercer, sur ordonnance en cours de validité d'un médecin ou d'un orthoptiste. L'opticien peut adapter la correction lors d'un renouvellement, sauf opposition du prescripteur.

Pour les comptes, cette double nature se voit tout de suite. Un client qui achète des lunettes de soleil paie en caisse comme dans n'importe quelle boutique. Le client qui vient avec une ordonnance repart souvent en ne payant qu'une partie : le reste sera réglé par l'Assurance maladie et sa complémentaire, au titre du tiers payant.

L'offre 100 % santé : un équipement à proposer, un prix plafonné

L'opticien doit proposer à chaque client un équipement de classe A, dit « 100 % santé », et lui remettre un devis. La monture de classe A ne peut dépasser 30 €, et l'équipement est pris en charge sans reste à charge par l'Assurance maladie et la complémentaire responsable. Le client reste libre de choisir un équipement de classe B, à prix libre : le contrat responsable prend alors en charge la monture dans la limite de 100 €, et les verres selon des plafonds qui dépendent de la correction.

La répartition des ventes entre les deux classes est un chiffre de gestion : elle pèse sur le panier moyen et sur la marge. Nous la suivons dans votre tableau de bord, mois par mois, à côté de la marge par famille de produits.

TVA : taux normal, due dès la livraison

Les lunettes de vue, verres et montures, et les lentilles de contact relèvent du taux normal de 20 % : le BOFiP les exclut expressément du taux réduit de 5,5 % réservé à certains appareillages pour personnes handicapées. Les lunettes de soleil, les étuis et les produits d'entretien suivent le même taux.

La vente d'un équipement est une livraison de biens : la TVA est exigible à la livraison, pas au paiement. Peu importe que la complémentaire règle sa part trois semaines plus tard, ou qu'un dossier soit rejeté et doive être renvoyé : la TVA de toute la vente se déclare au titre du mois où le client est reparti avec ses lunettes.

Un mois de tiers payant, du devis au dernier règlement

Exemple chiffré

En octobre, un magasin d'optique livre 140 équipements pour 49 000 € TTC, soit un panier moyen de 350,00 €. Les organismes payeurs, Assurance maladie et complémentaires, doivent 30 600 € au titre du tiers payant ; les clients ont réglé le reste en caisse. Au 31 octobre, les organismes ont versé 14 800 €.

Situation du mois d'octobre
Ventes du mois, toutes taxes comprises49 000 €
Réglé par les clients en caisse 49 000 € − 30 600 €− 18 400 €
Versé par les organismes avant le 31 octobre− 14 800 €
Reste dû par les organismes au 31 octobre15 800 €

Le tiers payant représente 62,45 % des ventes du mois. Au 31 octobre, le magasin a encaissé 33 200 €, mais il déclare la TVA sur la totalité des ventes : 49 000 € × 20 / 120, soit 8 166,67 €. Parmi les sommes encore dues, 1 150 € correspondent à des dossiers rejetés, à corriger et à renvoyer : sans relance, ils finissent en créances perdues.

Chaque mois, nous rapprochons les relevés de paiement des organismes de vos factures de tiers payant, dossier par dossier, et nous isolons les rejets pour que votre équipe les traite. L'encours des organismes figure dans votre tableau de bord, comme celui d'un client professionnel.

Le simulateur de TVA retrouve la TVA contenue dans n'importe quel montant TTC.

Montures et verres : un stock à surveiller

Les verres sont le plus souvent commandés pour chaque client ; les montures, elles, s'achètent par collections et restent en vitrine. Un magasin de 1 200 montures valorisées en moyenne 38 € à l'achat immobilise 45 600 €. À la clôture, l'inventaire, obligatoire au moins une fois tous les douze mois, compte chaque monture à son coût d'achat ; une collection ancienne qui ne se vendra plus à ce prix se déprécie.

Les remises et ristournes des fournisseurs de verres et de montures réduisent le coût des achats : celles qui sont acquises à la clôture s'enregistrent même si l'avoir n'est pas encore arrivé.

Monture par monture, le simulateur de taux de marge met en regard le prix de vente et le coût d'achat.

La convention de l'optique-lunetterie de détail

Les magasins d'optique appliquent la convention collective nationale de l'optique-lunetterie de détail du 2 juin 1986 (IDCC 1431), étendue par arrêté du 15 octobre 1986. Opticiens diplômés, vendeurs et monteurs y ont chacun leur classification.

D'autres conventions du commerce de détail sont présentées dans nos conventions collectives.

Avant d'embaucher un opticien diplômé, le simulateur du coût d'un salarié chiffre le poste charges comprises.

Les bulletins de votre équipe sont établis par notre service social et paie, selon cette convention.

Ce que nous faisons pour un opticien

  1. 01

    À l'ouverture, nous choisissons avec vous la structure et le régime, à partir du prévisionnel du magasin et de l'emprunt de reprise.

  2. 02

    Chaque mois, nous rapprochons les règlements des organismes des factures de tiers payant, puis nous préparons la déclaration de TVA.

  3. 03

    Nous suivons l'encours du tiers payant et ses rejets, puis la marge par famille : montures, verres, lentilles, solaires.

  4. 04

    À la clôture, nous valorisons le stock de montures et sa dépréciation, puis nous établissons le bilan.

Les écritures relèvent de notre mission de tenue comptable. Le calcul du seuil de rentabilité dit combien d'équipements vendre chaque mois pour couvrir le loyer et les salaires. La page commerce détaille la caisse sécurisée et les seuils, communs à tous les commerces.

Les autres pages de la famille Commerce, distribution et industrie : Commerce, Automobile, Boulangerie, Industrie, Boucherie et charcuterie, Commerce de gros, Grande distribution, Poissonnerie et Fleuriste. Toute la famille figure dans le plan des secteurs.

Questions fréquentes

Un opticien peut-il renouveler des lunettes sans nouvelle ordonnance ?

Oui, dans certaines limites : la délivrance des verres suppose une ordonnance en cours de validité d'un médecin ou d'un orthoptiste, et l'opticien peut adapter la correction lors d'un renouvellement, sauf si le prescripteur s'y est opposé. La durée de validité de l'ordonnance dépend de l'âge du patient.

La TVA d'une paire payée par la mutuelle est-elle due avant le remboursement ?

Oui. La vente de lunettes est une livraison de biens : la TVA de 20 % est due au titre du mois de la livraison, sur le prix total, même si la complémentaire ne règle sa part que plusieurs semaines plus tard. Dans notre exemple, cela représente 8 166,67 € pour le seul mois d'octobre.

Les lunettes de vue bénéficient-elles d'un taux réduit de TVA ?

Non. Le BOFiP précise que les lunettes, verres et montures, et les lentilles de contact ne relèvent pas du taux réduit de 5,5 % réservé à certains appareillages pour personnes handicapées. Elles sont taxées au taux normal de 20 %.

Faut-il proposer un équipement 100 % santé à chaque client ?

Oui. L'opticien propose un équipement de classe A et remet un devis. La monture de classe A est vendue 30 € au plus ; le client peut choisir librement un équipement de classe B, dont le prix est libre et dont la monture est prise en charge par un contrat responsable dans la limite de 100 €.

Sources

  1. Code de la santé publique, articles L4362-1 à L4362-11, profession d'opticien-lunetier : enregistrement, diplômes, délivrance des verres, consulté le
  2. Service-public.gouv.fr, « Lunettes et lentilles : quel remboursement ? », montures sans reste à charge jusqu'à 30 € (page vérifiée le 13 mars 2026), consulté le
  3. Code de la sécurité sociale, article L165-9, devis normalisé comportant au moins un équipement d'une classe à prise en charge renforcée (version en vigueur depuis le 1er janvier 2019), consulté le
  4. Code de la sécurité sociale, article R871-2, contrats responsables : prise en charge d'une monture limitée à 100 euros (version en vigueur depuis le 28 novembre 2025), consulté le
  5. BOFiP, BOI-TVA-LIQ-30-10-50, appareillages et équipements spéciaux pour personnes handicapées, lunettes et lentilles exclues du taux réduit, § 70 (version du 19 juin 2024), consulté le
  6. BOFiP, BOI-TVA-BASE-20-10, fait générateur et exigibilité de la TVA des livraisons de biens (version du 21 décembre 2022), consulté le
  7. Code du travail numérique, convention collective nationale de l'optique-lunetterie de détail du 2 juin 1986 (IDCC 1431), étendue par arrêté du 15 octobre 1986, consulté le
  8. Code de commerce, article L123-12, inventaire au moins une fois tous les douze mois, consulté le
Portrait de Nathanaël Bouskila

Nathanaël Bouskila, associé du cabinet

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Ces informations sont générales et datées ; votre situation se vérifie avec votre expert-comptable.

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