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Expert-comptable freelance : TJM, statut, TVA et revenu net

Un freelance vend son temps. Son taux journalier, le nombre de jours qu'il facture et son statut décident de ce qui lui reste en fin d'année. Cette page s'adresse aux consultants, développeurs, formateurs et coachs à leur compte : ce qu'un expert-comptable freelance vérifie avant le premier devis, les seuils de 2026 et un an de missions chiffré ligne par ligne, du chiffre d'affaires au revenu net.

Par Nathanaël Bouskila, associé du cabinet Publié le Chiffres 2026

Plafond micro
83 600 € de chiffre d'affaires hors taxes en 2026
Cotisations micro
25,6 % du chiffre d'affaires pour une activité libérale non réglementée
TVA
20 % sur vos factures au-delà de 37 500 € par an
Dividendes
Prélèvement forfaitaire de 31,4 % en 2026

Du taux journalier au chiffre d'affaires

Le chiffre d'affaires d'un freelance tient en une multiplication : son taux journalier (TJM) par le nombre de jours qu'il facture. Le second facteur est celui qu'on surestime. Une année compte des congés, des jours de prospection, de formation, de facturation, et des semaines entre deux missions. Un consultant qui facture 160 jours dans l'année n'a pas chômé.

Fixez donc le taux à partir de ce qu'il vous faut en fin d'année, divisé par des jours réalistes, et non l'inverse. Ajoutez la TVA si vous y êtes soumis : le client professionnel la récupère, le particulier la paie.

Le calcul du TJM part du revenu visé et des jours facturables pour donner le taux journalier.

La micro-entreprise : simple, mais plafonnée

La plupart des consultants exercent une activité libérale non réglementée, imposée dans les bénéfices non commerciaux (BNC). En micro-entreprise, leurs cotisations sociales sont de 25,6 % du chiffre d'affaires encaissé en 2026, et leur impôt se calcule après un abattement forfaitaire de 34 %. Si le revenu fiscal de référence de votre foyer, deux ans plus tôt, reste sous 29 579 € pour une personne seule, le versement libératoire peut remplacer cet impôt par 2,2 % du chiffre d'affaires. Une prestation commerciale ou artisanale relève au contraire des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) : 21,2 % de cotisations et 50 % d'abattement.

Le régime reste ouvert jusqu'à 83 600 € de chiffre d'affaires hors taxes. Un dépassement d'une année se tolère ; deux années de suite font basculer au régime réel. Aucune dépense ne se déduit : ordinateur, logiciels, coworking et déplacements sont couverts par l'abattement, quel que soit leur montant réel.

Les seuils de l'année sont repris dans notre page sur le plafond de la micro-entreprise.

La TVA, au-delà du seuil de la franchise

Sous 37 500 € de chiffre d'affaires annuel, la franchise en base dispense de facturer la TVA. Au-delà, vos factures la portent au taux normal de 20 % : un TJM de 450 € hors taxes devient 540 € TTC. Le changement intervient au 1er janvier qui suit le dépassement, ou dès le jour où un second seuil, plus élevé, est franchi en cours d'année. Vous la reversez à chaque déclaration, déduction faite de celle de vos achats. Pour un client établi dans un autre pays, les règles de facturation changent : nous les reprenons avec vous avant d'envoyer la première facture.

Les seuils et la sortie de la franchise sont détaillés dans notre page sur la franchise en base de TVA.

Un an de missions, chiffré

Exemple chiffré

Une consultante en micro-entreprise, activité libérale non réglementée, facture 160 jours à 450 € hors taxes en 2026. Elle a dépassé le seuil de la franchise : elle facture la TVA. Ses frais réels (ordinateur, logiciels, coworking, déplacements) sont de 4 500 €, hypothèse de l'exemple.

Du chiffre d'affaires à ce qui lui reste
Chiffre d'affaires hors taxes 160 jours × 450 €72 000,00 €
Moins les cotisations sociales 72 000 € × 25,6 %18 432,00 €
Moins les frais réels de l'année4 500,00 €
Reste avant impôt sur le revenu49 068,00 €

La TVA facturée en plus, 14 400 €, ne lui appartient pas : elle la reverse. Son revenu imposable n'est pas ce reste, mais le chiffre d'affaires après abattement de 34 % : 47 520 €.

Au-delà d'un TJM de 522,50 € sur 160 jours, elle dépasse le plafond de 83 600 €. À 550 €, son chiffre d'affaires atteint 88 000 € : deux années comme celle-ci et elle sort de la micro-entreprise.

SASU ou EURL : quand la société devient plus intéressante

Une société sépare votre patrimoine de celui de l'activité, déduit les frais réels et laisse le bénéfice à l'impôt sur les sociétés. Le taux est de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice. Ce taux réduit exige des personnes physiques au moins 75 % du capital, entièrement libéré, et un chiffre d'affaires inférieur à 10 millions d'euros.

Le président de SASU est assimilé salarié : sa rémunération supporte les cotisations du régime général, ses dividendes non. Ceux-ci passent au prélèvement forfaitaire de 31,4 % en 2026. Le gérant associé unique d'EURL à l'impôt sur les sociétés est travailleur non salarié : ses cotisations sont plus faibles sur la rémunération, mais ses dividendes en supportent au-delà de 10 % du capital social.

Le bon choix dépend du revenu que vous voulez prélever chaque année, de la protection sociale que vous visez et de ce que vous laissez dans la société. Nous le chiffrons sur trois années, avec vos propres hypothèses.

Le simulateur SASU compare rémunération et dividendes du président.

Frais professionnels et portage salarial

En société ou au régime réel, chaque dépense se justifie par une facture au nom de l'activité : matériel, abonnements, formation, déplacements, part professionnelle du téléphone. Les trajets en voiture personnelle se remboursent selon le barème kilométrique.

Le portage salarial est une troisième voie : une société de portage facture vos clients et vous verse un salaire, après ses frais de gestion. Vous êtes salarié, sans comptabilité à tenir, mais avec moins de marge sur vos dépenses.

Expert-comptable freelance : ce que nous faisons pour vous

Nous commençons par votre taux et vos jours, pas par les formalités.

  1. 01

    Avant la première facture, nous comparons les statuts sur votre taux journalier, vos jours facturables et le revenu que vous voulez prélever.

  2. 02

    Nous vérifions vos devis et vos factures : mentions obligatoires, TVA ou mention de franchise, conditions de paiement.

  3. 03

    Chaque trimestre, nous suivons le chiffre d'affaires par rapport aux seuils de la franchise et de la micro-entreprise, pour anticiper un changement de régime.

  4. 04

    En société, nous tenons la comptabilité et préparons le bilan, puis nous arbitrons avec vous entre rémunération et dividendes.

Les écritures relèvent de notre mission de tenue comptable ; le choix du statut, de notre mission de création d'entreprise.

Les erreurs fréquentes

  • un TJM calculé sur 220 jours facturés alors que l'année en compte bien moins ;
  • une facture sans la mention de franchise, ou avec une TVA facturée à tort ;
  • le second seuil de la franchise franchi en cours d'année sans facturer la TVA dès le jour du dépassement ;
  • des dividendes versés sans assemblée qui les décide ;
  • des frais personnels payés par la société.

Les métiers voisins

Ces quatre activités suivent les règles de cette page, avec leurs propres points d'attention.

Les autres pages de la famille Services, conseil et création : SSII et ESN, Agence de communication, Influenceur, Courtier en assurance, Artiste, Production audiovisuelle, Organisme de formation, Agence de voyage et Services à la personne. Toute la famille figure dans le plan des secteurs.

Consultant

Un consultant qui reste seul suit tout ce qui précède. Dès qu'il embauche, la société de conseil applique en principe la convention collective des bureaux d'études techniques et sociétés de conseils, dite Syntec (IDCC 1486). Ses consultants salariés y ont une classification, des minimums et des modalités de temps de travail propres. Les bulletins relèvent alors de notre mission social et paie.

Ces règles sont détaillées dans notre fiche sur la convention collective Syntec.

Coach

Le coaching de dirigeants ou de particuliers n'est pas une profession réglementée : aucun diplôme n'est exigé pour s'installer. Il relève en général des BNC, comme le conseil. Un coach qui vend aussi des formations peut avoir intérêt à les distinguer sur ses factures, car leur régime de TVA peut différer : nous le vérifions sur vos contrats.

Coach sportif

Enseigner ou encadrer une activité physique contre rémunération demande un diplôme reconnu, comme le BPJEPS. Il faut aussi se déclarer comme éducateur sportif auprès du service départemental de la jeunesse, de l'engagement et des sports, qui délivre une carte professionnelle. Gardez cette carte dans votre dossier : un club, une salle ou une assurance peut la demander.

Un coach qui embauche à son tour applique la convention collective du sport, dont notre fiche donne les minima et la classification.

Salle de sport

Une salle de sport qui emploie des salariés applique en principe la convention collective nationale du sport (IDCC 2511). Les abonnements sont souvent payés d'avance pour l'année : à la clôture, la part qui correspond aux mois suivants n'est pas encore un produit de l'exercice. Les machines et l'aménagement s'amortissent sur leur durée d'utilisation.

Notre fiche sur la convention collective du sport reprend sa grille de salaires, le travail du dimanche et le temps partiel.

Questions fréquentes

Un freelance doit-il facturer la TVA ?

Pas tant que son chiffre d'affaires de l'année reste sous 37 500 € pour les prestations de services : la franchise en base l'en dispense, et ses factures portent la mention correspondante. Au-delà, il facture la TVA à 20 % et la reverse, déduction faite de celle de ses achats. Ses clients professionnels la récupèrent, ce qui ne change pas leur coût.

Micro-entreprise ou société : à partir de quand changer ?

Quand le plafond de 83 600 € est dépassé deux années de suite, le passage au régime réel s'impose, en entreprise individuelle ou en société. Avant, la question est celle des frais : l'abattement forfaitaire de 34 % couvre vos dépenses en micro-entreprise ; si elles sont plus lourdes, ou si vous voulez laisser une partie du bénéfice dans une société, la SASU ou l'EURL prend l'avantage.

Les dividendes d'un président de SASU supportent-ils des cotisations ?

Non : ils supportent le prélèvement forfaitaire de 31,4 % en 2026 (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), ou le barème de l'impôt sur option. Un président payé seulement en dividendes ne cotise pas et n'acquiert donc ni retraite ni indemnités journalières.

Sources

  1. Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Régime fiscal de la micro-entreprise » (fiche à jour au 13 mai 2026), consulté le
  2. Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Cotisations sociales d'un micro-entrepreneur : ce qu'il faut savoir » (fiche à jour au 1er janvier 2026), consulté le
  3. Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) : ce qu'il faut savoir » (fiche à jour au 6 février 2026), consulté le
  4. Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Revenus du dirigeant d'une société » (fiche à jour au 26 avril 2024), consulté le
  5. Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Évolution du taux du prélèvement forfaitaire unique (PFU) » (actualité du 10 février 2026), consulté le
  6. Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Impôt sur les sociétés (IS) », conditions du taux réduit, consulté le
  7. Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Éducateur sportif : conditions d'accès et d'exercice en France », consulté le
  8. Code du travail numérique, convention collective nationale du sport (IDCC 2511), consulté le
  9. Code du travail numérique, convention collective des bureaux d'études techniques, cabinets d'ingénieurs-conseils et sociétés de conseils (IDCC 1486), consulté le
Portrait de Nathanaël Bouskila

Nathanaël Bouskila, associé du cabinet

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Ces informations sont générales et datées ; votre situation se vérifie avec votre expert-comptable.

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