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Expert-comptable pour pédicure-podologue : semelles, TVA et choix du régime social

Un pédicure-podologue soigne, mais il fabrique aussi des semelles orthopédiques et vend parfois des produits pour les pieds. Les semelles faites pour ses patients suivent la TVA des soins, pas les articles vendus à des passants. Il choisit en outre, à la création, entre deux régimes sociaux. Le coût de revient d'une paire de semelles est calculé plus bas avec les taux de 2026 ; vient ensuite ce qu'un expert-comptable de podologue prend en charge au cabinet.

Par Nathanaël Bouskila, associé du cabinet Publié le Chiffres 2026

Semelles
Exonérées quand vous les fabriquez pour les patients que vous soignez
Ventes
Articles vendus à des personnes que vous ne soignez pas : dans le champ de la TVA
Régime social
Au choix à la création : praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés, ou travailleur indépendant
Retraite
CARPIMKO, caisse des auxiliaires médicaux

Semelles orthopédiques : la TVA des soins, à une condition

Les soins du pédicure-podologue, profession paramédicale réglementée, sont exonérés de TVA. L'exonération s'étend à certaines fournitures, quand elles prolongent directement le soin : la doctrine fiscale prend précisément l'exemple des semelles orthopédiques et des appareils podologiques fabriqués par le pédicure-podologue et vendus aux personnes qu'il soigne. La paire moulée pour un patient après son bilan postural se facture donc hors de toute TVA.

La condition est la relation de soin. Les articles orthopédiques vendus à des personnes que vous n'avez pas soignées sortent de l'exonération, tout comme les crèmes, chaussettes ou protections vendues au comptoir à des passants, qui ne prolongent aucun soin. Ces ventes entrent dans le champ de la TVA ; sous le seuil de la franchise en base des ventes de biens, 85 000 € l'année précédente, vous les facturez sans TVA, avec la mention de la franchise.

Un cabinet qui fabrique ses semelles : le coût d'une paire

Exemple chiffré

Un pédicure-podologue fabrique lui-même les semelles de ses patients. Il a acheté une fraiseuse et un scanner du pied 16 000 € hors taxes, qu'il amortit sur 5 ans, durée retenue pour l'exemple. Il réalise 480 paires par an et utilise, pour chacune, 14 € hors taxes de plaques et de revêtement.

Coût matériel d'une paire de semelles, hors temps passé
Matière, TVA non récupérable 14,00 € + 20 %16,80 €
Part de la fraiseuse et du scanner 19 200,00 € ÷ 5 ans ÷ 480 paires8,00 €
Coût matériel d'une paire24,80 €

Ses semelles étant exonérées, il ne récupère ni la TVA de la matière ni celle de la machine : 4,13 € par paire restent dans son coût. Ce coût matériel, augmenté du temps de bilan, de moulage et d'essayage, est le plancher sous lequel le prix d'une paire ne couvre plus ses frais.

Rapporté à votre prix de vente, ce coût donne une marge que le calcul du taux de marge exprime en pourcentage et en coefficient. Les tarifs de vos fournisseurs de plaques sont hors taxes : le calcul HT et TTC y ajoute la TVA que vous paierez sans la récupérer.

Le matériel de fabrication

Fraiseuse, scanner, ponceuse, four de thermoformage : l'atelier d'un podologue qui fabrique ses semelles coûte cher. Ces machines ne se passent pas en charges l'année de l'achat ; elles rejoignent la liste des biens durables du cabinet, taxe comprise, et leur coût se répartit sur les années où elles servent, selon la méthode que décrit notre guide sur l'amortissement comptable. Financée par un prêt, la fraiseuse coûte aussi des intérêts, déductibles ceux-là : le tableau d'amortissement de l'emprunt les isole mois par mois.

Deux régimes sociaux au choix

Le pédicure-podologue est un auxiliaire médical, et l'Urssaf lui ouvre une option : il choisit, à la création de son activité, entre le régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés et celui des travailleurs indépendants des professions libérales.

  • Régime des praticiens conventionnés : la caisse finance une part de votre cotisation maladie, calculée sur les revenus de l'activité conventionnée ; en échange, une contribution additionnelle de 3,25 % s'applique aux revenus tirés de dépassements d'honoraires.
  • Régime des indépendants : aucune prise en charge, mais pas de contribution additionnelle ; les dépassements supportent la cotisation maladie ordinaire.

Tout se joue sur le relevé d'honoraires que la caisse vous adresse. Quand il reprend l'essentiel de ce que vous gagnez, la prise en charge l'emporte et le régime des praticiens conventionnés est en général le meilleur ; quand il n'en montre qu'une petite partie, l'Urssaf indique que le régime des indépendants est en général plus avantageux. Le choix fait à la création mérite d'être pesé. Les podologues déjà installés ont pu changer de régime jusqu'au 31 juillet 2024, avec effet au 1er janvier 2025 ; en octobre 2026, ni l'Urssaf ni l'administration n'annoncent de nouvelle fenêtre. La retraite, elle, se paie à la CARPIMKO dans les deux cas.

Expert-comptable podologue : notre travail au cabinet

  1. 01

    Deux choix se font avec nous au moment de vous installer : régime social, conventionné ou indépendant, et régime fiscal, micro ou déclaration contrôlée.

  2. 02

    Trois colonnes de recettes chaque mois dans votre comptabilité, tenue dans le cadre de notre mission de tenue comptable : soins, semelles de vos patients, ventes au comptoir.

  3. 03

    Chaque machine achetée rejoint le registre des immobilisations avec ses amortissements, calculés sur le prix taxe comprise.

  4. 04

    La 2035 est bouclée avant mai, et les ventes taxables de l'année sont comparées au seuil de la franchise.

Le suivi de la marge des semelles, mois après mois, relève de notre mission de pilotage et tableau de bord.

Les autres pages de la famille Santé : Professions de santé, Infirmier, Médecin libéral, Kinésithérapeute, Pharmacie, Dentiste, Psychologue, Orthophoniste, Sage-femme et Ostéopathe. Toute la famille figure dans le plan des secteurs.

Questions fréquentes

Les semelles orthopédiques fabriquées par un podologue supportent-elles la TVA ?

Non, quand vous les fabriquez et les vendez aux personnes à qui vous prodiguez vos soins : la doctrine fiscale les cite en exemple de fournitures qui prolongent directement le soin. Vendues à une personne que vous ne soignez pas, elles sortent de l'exonération.

Un podologue peut-il récupérer la TVA de sa fraiseuse ?

Pas tant que ses recettes sont des soins et des semelles exonérés : une activité exonérée n'ouvre pas droit à déduction. La TVA payée fait partie du prix de la machine, qui s'amortit toutes taxes comprises. Seules des ventes taxables facturées avec TVA, une fois dépassée la franchise en base, ouvriraient un droit à déduction partiel.

Comment choisir entre le régime des praticiens conventionnés et celui des indépendants ?

Selon la part de vos revenus qui figure sur le relevé d'honoraires adressé par la caisse. En régime des praticiens conventionnés, l'Assurance maladie prend en charge une partie de vos cotisations, mais vous devez une contribution additionnelle de 3,25 % sur vos dépassements d'honoraires. Si l'essentiel de vos revenus n'y figure pas, le régime des indépendants est en général plus favorable, selon l'Urssaf.

Un podologue peut-il changer de régime social après son installation ?

Une fenêtre a été ouverte aux podologues déjà installés : la demande devait parvenir à la caisse primaire au plus tard le 31 juillet 2024, pour un changement au 1er janvier 2025. L'Urssaf a alors fermé le compte du régime des praticiens conventionnés et ouvert un compte au titre des professions libérales. Les pages de l'Urssaf et de l'administration consultées en octobre 2026 n'annoncent pas d'autre fenêtre : le choix fait à la création compte donc pour la suite.

Sources

  1. BOFiP, BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10, « Professions médicales et paramédicales » (version en vigueur depuis le 9 avril 2025), § 1, 10, 20 et 160, consulté le
  2. Urssaf, « Les cotisations d'un auxiliaire médical » (taux, prise en charge de la CPAM, choix du régime du pédicure-podologue), consulté le
  3. Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés (PamC) : affiliation et régime social » (page datée du 17 juin 2026), consulté le
  4. Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Protection sociale du professionnel libéral » (page datée du 23 juin 2026), consulté le
  5. BOFiP, BOI-TVA-DECLA-40-10-10, « Franchise en base : champ d'application et seuils » (version en vigueur depuis le 1er juillet 2026), consulté le
Portrait de Nathanaël Bouskila

Nathanaël Bouskila, associé du cabinet

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