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Expert-comptable sage-femme libérale : installation aidée, cotisations, visites et TVA
Une sage-femme qui s'installe en libéral là où l'offre manque peut signer avec l'Assurance maladie un contrat d'aide à l'installation. L'aide arrive en cinq versements, et chacun s'ajoute aux recettes imposables de l'année où il est encaissé. La page suit une installation aidée sur sa première année, chiffres de 2026 à l'appui, après le régime social, la CARCDSF et la TVA des actes ; elle finit sur le rôle d'un expert-comptable de sage-femme pendant ces cinq ans.
Par Mikhael Amsellem, associé du cabinet Publié le Chiffres 2026
- Aide à l'installation
- 34 000 € au plus sur cinq ans, en zone très sous-dotée ou sous-dotée
- Imposition de l'aide
- Recette de l'année où chaque versement est encaissé
- Régime social
- Praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés ; retraite à la CARCDSF
- TVA
- Actes de soins exonérés, comme ceux des autres professions médicales
Une profession médicale, un régime de praticien conventionné
Profession médicale à part entière, la sage-femme libérale qui adhère à la convention entre dans le régime social prévu pour les praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés. Ses avis de l'Urssaf portent sur la maladie, la famille et la CSG-CRDS ; la caisse primaire finance une fraction de certaines de ces cotisations, calculée sur ce qu'elle gagne dans le cadre conventionnel. Pour la vieillesse, base et complémentaire, elle verse à la CARCDSF, qu'elle partage avec les chirurgiens-dentistes.
Beaucoup de sages-femmes cumulent un emploi salarié à l'hôpital ou en clinique et une activité libérale à temps partiel. Les deux revenus ne se déclarent pas au même endroit : le salaire en traitements et salaires, l'activité libérale en bénéfices non commerciaux, avec ses propres cotisations.
Le contrat d'aide à l'installation
Pour attirer des sages-femmes là où l'offre manque, la convention nationale prévoit un contrat d'aide à l'installation dans les zones classées très sous-dotées ou sous-dotées. Dans sa version issue de l'avenant n° 7, approuvé par arrêté du 23 août 2023, l'aide atteint 34 000 € au plus sur cinq ans ; les engagements de la sage-femme figurent dans le contrat type annexé à la convention.
| Versement | Montant |
|---|---|
| Première année à la signature ; entier dès 2 jours d'activité libérale par semaine, proratisé à partir d'un jour | 12 500,00 € |
| Deuxième année à la date anniversaire ; entier dès 3 jours par semaine, proratisé à partir d'un jour et demi | 12 500,00 € |
| Troisième, quatrième et cinquième années chacune, avant le 30 avril de l'année suivante, sans proratisation | 3 000,00 € |
| Total sur cinq ans, au plus | 34 000,00 € |
Source : arrêté du 23 août 2023 portant approbation de l'avenant n° 7 à la convention nationale des sages-femmes (JORF du 25 août 2023). Consulté le 5 octobre 2026.
Pour l'impôt, chaque versement est une subvention : une recette imposable de l'année où il est encaissé, qui s'ajoute aux honoraires. Il augmente donc aussi le bénéfice sur lequel les cotisations sont calculées. Les deux premiers versements, les plus gros, tombent pendant les années où l'activité démarre ; mieux vaut les avoir prévus dans le budget de l'installation, établi dans le cadre de notre mission de création d'entreprise.
La première année d'une installation aidée
Exemple chiffré
Une sage-femme s'installe en libéral en 2026 dans une zone sous-dotée, trois jours par semaine. Elle signe le contrat d'aide et reçoit le premier versement à la signature. Ses honoraires de l'année s'élèvent à 41 000 €. Elle est au régime micro-BNC.
| Honoraires de l'année | 41 000,00 € |
|---|---|
| Premier versement de l'aide à l'installation | 12 500,00 € |
| Recettes à déclarer | 53 500,00 € |
| Abattement forfaitaire du régime micro 53 500,00 € × 34 % | 18 190,00 € |
| Bénéfice imposable de la première année | 35 310,00 € |
Avec 53 500,00 €, elle peut rester au régime micro, dont la limite est de 83 600 €. L'aide ajoute 8 250,00 € à son bénéfice imposable une fois l'abattement appliqué ; en déclaration contrôlée, elle s'y ajouterait en entier. La deuxième année, un versement du même montant tombe à la date anniversaire du contrat : il se déclare avec les honoraires de l'année où il est encaissé.
Le simulateur d'impôt sur le revenu mesure ce que ces recettes ajoutent à l'impôt du foyer, salaire hospitalier compris le cas échéant. Le plafond du régime micro de l'année y est rappelé.
Des actes de soins sans TVA
Comme les autres professions médicales, la sage-femme ne facture pas de TVA sur ses actes de soins : suivi de grossesse, préparation à la naissance, suivi après l'accouchement, rééducation du périnée. La TVA de ses achats, sonde de rééducation, échographe ou mobilier, n'est pas récupérable et s'ajoute à leur prix.
L'exonération ne vaut que pour les prestations à finalité thérapeutique, celles qui préviennent, diagnostiquent ou soignent. Un atelier de portage ou de massage du nourrisson ouvert à tous les parents, sans visée de soin, peut en sortir. Il relève alors de la TVA, mais reste facturé sans taxe tant que ce type de recettes, soins mis à part, ne dépasse pas 37 500 € sur l'année précédente.
Visites à domicile et voiture
Après la sortie de la maternité, la mère et le nouveau-né sont souvent vus chez eux. Chaque visite à domicile porte sa part d'indemnités de déplacement, et ces sommes, même destinées à couvrir l'essence, comptent dans le total encaissé de l'année. Côté dépenses, la déclaration contrôlée retient le coût de la voiture à part : dépenses réelles ou barème kilométrique, option arrêtée dès janvier. Au régime micro, rien de tout cela ne se déduit, l'abattement en tient lieu.
Combien représentent vos tournées de visites au barème ? Le calcul des frais kilométriques le dit en quelques secondes, et le guide consacré aux frais kilométriques et aux impôts reprend le raisonnement. Pour un échographe ou une voiture payés par emprunt, le tableau d'amortissement sépare intérêts et capital, échéance par échéance.
Expert-comptable sage-femme : ce que nous faisons
- 01
Le régime se décide avant votre première consultation, micro ou déclaration contrôlée, en tenant compte des cinq versements de l'aide.
- 02
Tous les mois, vos encaissements sont pointés contre les relevés de l'Assurance maladie, aide à l'installation comprise, dans le cadre de notre mission de tenue comptable.
- 03
Pour vos tournées, frais réels et barème kilométrique sont comparés en décembre, et l'option de l'année suivante se prend sur ces deux chiffres.
- 04
Vos cotisations sont surveillées d'un appel à l'autre : après une année aidée, la régularisation de l'Urssaf ou de la CARCDSF ne doit pas vous surprendre.
Les autres pages de la famille Santé : Professions de santé, Infirmier, Médecin libéral, Kinésithérapeute, Pharmacie, Dentiste, Psychologue, Orthophoniste, Podologue et Ostéopathe. Toute la famille figure dans le plan des secteurs.
Questions fréquentes
Les versements de l'aide à l'installation sont-ils imposables ?
Oui. Une subvention reçue dans l'exercice d'une profession libérale est une recette imposable de l'année de son encaissement. Chaque versement du contrat, 12 500 € la première année, 12 500 € la deuxième, puis 3 000 € par an, s'ajoute aux honoraires de l'année où il arrive sur votre compte.
Quelle activité faut-il assurer pour toucher l'aide ?
Le premier versement, à la signature, est entier pour une activité libérale d'au moins 2 jours par semaine, et réduit au prorata entre un et deux jours : 6 250 € pour un jour. Le deuxième, à la date anniversaire du contrat, est entier à partir de 3 jours, et réduit au prorata à partir d'un jour et demi : 8 333 € pour deux jours. Les trois versements suivants, de 3 000 €, sont payés avant le 30 avril de l'année suivante, sans réduction selon l'activité.
Quelle caisse de retraite pour une sage-femme libérale ?
La CARCDSF, caisse qu'elle partage avec les chirurgiens-dentistes, pour la retraite de base et la complémentaire. Les cotisations de maladie, d'allocations familiales et de CSG-CRDS sont appelées par l'Urssaf, au titre du régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés.
Un atelier de portage proposé aux jeunes parents supporte-t-il la TVA ?
S'il ne vise ni à prévenir, ni à diagnostiquer, ni à soigner un trouble de santé, il sort de l'exonération des soins : seules les prestations à finalité thérapeutique en bénéficient. Il entre alors dans le champ de la TVA ; la franchise en base vous dispense de la facturer tant que vos recettes hors soins restent sous son seuil.
Sources
- Arrêté du 23 août 2023 portant approbation de l'avenant n° 7 à la convention nationale organisant les rapports entre les sages-femmes libérales et l'assurance maladie (Légifrance, JORF du 25 août 2023), consulté le
- BOFiP, BOI-BNC-BASE-20-20, « Recettes : nature des recettes » (version en vigueur depuis le 19 août 2026), § 30 et 110, consulté le
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés (PamC) : affiliation et régime social » (page datée du 17 juin 2026), consulté le
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Protection sociale du professionnel libéral » (page datée du 23 juin 2026), consulté le
- BOFiP, BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10, « Professions médicales et paramédicales » (version en vigueur depuis le 9 avril 2025), § 1 et 40, consulté le
- BOFiP, BOI-TVA-DECLA-40-10-10, « Franchise en base : champ d'application et seuils » (version en vigueur depuis le 1er juillet 2026), § 230, consulté le
- BOFiP, BOI-BNC-BASE-40-60-40-20, « Frais de voiture » (version en vigueur depuis le 21 août 2019), consulté le
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Régime fiscal de la micro-entreprise » (page datée du 13 mai 2026), consulté le