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Convention collective · Social et paie

Convention collective commerce de gros : grille 2026, garantie d'ancienneté et heures

La convention collective commerce de gros (IDCC 573) s'applique aux grossistes et négociants, de l'alimentaire aux fournitures pour l'industrie. Elle classe chaque salarié en dix niveaux, fixe des minima mensuels et ajoute une garantie d'ancienneté. Depuis le 1er juin 2026, ses trois premiers minima sont inférieurs au SMIC : vous payez donc au moins 1 867,02 € brut par mois.

Par Nathanaël Bouskila, associé du cabinet Publié le Grille de l'accord du 17 mars 2026

IDCC
573
Texte de base
Signé le 23 juin 1970, étendu par arrêté du 15 juin 1972
Brochure
N° 3044 du Journal officiel
Grille
Accord du 17 mars 2026, appliqué depuis le 1er mars 2026

La convention collective commerce de gros en bref

La convention est étendue : ses règles s'imposent à tous les employeurs et à tous les salariés de son champ, qu'ils adhèrent ou non à une organisation patronale (Code du travail, article L2261-15). Le texte de base de 1970 est complété par des accords sur les salaires, la classification, le temps de travail et la prévoyance, et par trois fusions : la confiserie (IDCC 1624), les tissus, tapis et linge de maison (IDCC 1761) et les fournitures dentaires (IDCC 635).

Fiche d'identité de la convention
Titre officielConvention collective nationale des commerces de gros
Numéro IDCC573
ExtensionArrêté du 15 juin 1972 (JONC du 29 août 1972), texte mis à jour par l'accord du 27 septembre 1984, étendu par arrêté du 4 février 1985 (Journal officiel du 16 février 1985)
BrochureN° 3044 du Journal officiel
Texte intégralLégifrance, base KALI
Fiches du ministère du TravailCode du travail numérique

Sources : Légifrance, base KALI, texte de base et son titre officiel ; numéro de brochure cité par les accords de la branche. Consultés le 8 octobre 2026.

Toutes nos fiches sont rangées sur la page des conventions collectives, avec une recherche par numéro IDCC ou par activité.

Les entreprises qui appliquent la convention

L'article 1er vise les entreprises dont l'activité exclusive ou principale est le commerce de gros, sur tout le territoire national. Il énumère les activités concernées, par exemple :

  • le gros de fruits, légumes et fleurs, de beurre, œufs et fromages, de produits avicoles et de gibier ;
  • la papeterie et les articles de bureau, le matériel électrique et électronique, les équipements et fournitures pour l'industrie ;
  • la parfumerie et l'hygiène, les appareils sanitaires, de chauffage et de canalisation ;
  • les pièces détachées d'automobile, les cycles, les motocycles et les pneumatiques ;
  • la céramique et la verrerie de table, la maroquinerie, les matières plastiques, les peintures et produits d'entretien, les papiers peints et revêtements ;
  • l'approvisionnement des bureaux de tabac, la carte postale, les produits surgelés et les glaces, la distribution par automates.

Les accords de 2017, de 2018 et de 2020 ont ajouté le négoce de confiserie et de levure, celui de tissus, tapis et linge de maison, et celui de fournitures dentaires.

Légifrance signale l'article 1er comme non étendu. Le texte indique lui-même que les numéros INSEE et les codes APE qu'il cite sont donnés à titre indicatif : pour une entreprise aux activités multiples, la convention applicable dépend de l'activité principale, selon la jurisprudence de la Cour de cassation (Code du travail, article L2261-2). Notre recherche du code APE aide à lire le vôtre.

Un grossiste de matériel électrique de six salariés, qui vend à des installateurs, relève de cette convention. Si son activité principale change, par exemple vers la vente au détail, la convention applicable se revérifie. Notre page expert-comptable pour un commerce de gros détaille la TVA, les délais de paiement et le stock de ces entreprises.

Dix niveaux, trois échelons : la classification des emplois

L'accord du 5 mai 1992 classe les emplois en dix niveaux : les niveaux I à VI pour les employés, les techniciens et les agents de maîtrise (qui se situent au niveau VI), les niveaux VII à X pour les cadres. Chaque niveau compte trois échelons, sauf les niveaux IX et X qui en ont deux. Le niveau vient de la compétence requise, de l'autonomie et de la responsabilité de l'emploi, non de la personne qui l'occupe.

L'échelon 2 récompense l'expérience : un an dans la fonction au niveau I, deux ans au niveau II, trois au niveau III, quatre au niveau IV, cinq au niveau V et six au niveau VI, durées réduites de moitié avec un diplôme de l'État en rapport avec l'emploi. L'échelon 3 suppose cette expérience et la polyaptitude, c'est-à-dire la pratique régulière de plusieurs emplois du même niveau.

Emplois repères de l'annexe B, par niveau
Niveau Exemples d'emplois repères
I Employé de magasinage, employé de conditionnement, agent de propreté, gardien
II Cariste, préparateur, emballeur-empaqueteur, chauffeur-livreur, employé de bureau
III Préparateur-vendeur, réceptionnaire-vérificateur, chauffeur-livreur qualifié, employé commercial, agent de comptabilité
IV Assistant à la gestion des stocks, vendeur, acheteur, assistant commercial, assistant administratif
V Gestionnaire de stocks, magasinier principal, vendeur qualifié, acheteur qualifié, comptable
VI Vendeur hautement qualifié, acheteur hautement qualifié, assistant de direction

Source : accord du 5 mai 1992, annexe B (classement des emplois repères, non étendu), consulté le 8 octobre 2026.

À l'embauche ou lors d'une mutation, un salarié qui ne maîtrise pas encore l'emploi peut être mis en stage, par écrit, à partir du niveau III : 6 mois aux niveaux III et IV, 8 mois aux niveaux V et VI, durées réduites de moitié avec un diplôme. Pendant le stage, il porte la mention « stagiaire » et reçoit le salaire de l'échelon 2 du niveau juste en dessous. La période d'essai est comprise dans le stage.

La grille des salaires minima en vigueur

La grille en vigueur est celle de l'accord du 17 mars 2026 relatif aux salaires : ses montants valent depuis le 1er mars 2026 pour les entreprises adhérentes d'une organisation signataire. Son arrêté d'extension du 11 juin 2026, publié au Journal officiel du 27 juin 2026, l'impose depuis à toute la branche. Elle remplace celle de l'accord du 16 décembre 2024 (minima au 1er janvier 2025).

Salaires minima mensuels bruts de la convention des commerces de gros, niveaux I à VI, en euros
PositionMinimum mensuel de la grilleÀ payer depuis le 1er juin 2026
Niveaux I à V
Niveau I, échelon 11 839,81SMIC1 867,02
Niveau I, échelon 21 850,85SMIC1 867,02
Niveau I, échelon 31 861,96SMIC1 867,02
Niveau II, échelon 11 873,131 873,13
Niveau II, échelon 21 884,371 884,37
Niveau II, échelon 31 895,671 895,67
Niveau III, échelon 11 907,051 907,05
Niveau III, échelon 21 918,491 918,49
Niveau III, échelon 31 930,001 930,00
Niveau IV, échelon 11 941,581 941,58
Niveau IV, échelon 21 953,231 953,23
Niveau IV, échelon 31 964,951 964,95
Niveau V, échelon 11 973,031 973,03
Niveau V, échelon 22 047,022 047,02
Niveau V, échelon 32 123,782 123,78
Niveau VI
Niveau VI, échelon 12 203,432 203,43
Niveau VI, échelon 22 286,052 286,05
Niveau VI, échelon 32 371,782 371,78

Sources : accord du 17 mars 2026 relatif aux salaires, article 1er, étendu par arrêté du 11 juin 2026 (Journal officiel du 27 juin 2026), appliqué depuis le 1er mars 2026 (ensemble du territoire national) ; arrêté du 22 mai 2026 pour le SMIC. Consultés le 8 octobre 2026.

La grille s'apprécie chaque mois, pour 151,67 heures, du niveau I, échelon 1, au niveau VI, échelon 3. Pour les cadres (niveaux VII à X), elle s'apprécie au 31 décembre : on compare le total des salaires bruts de l'année au minimum annuel du niveau, au prorata en cas d'arrivée ou de départ en cours d'année.

Minima annuels bruts des cadres depuis mars 2026
Niveau Échelon 1 Échelon 2 Échelon 3
VII 30 338,30 € 31 855,22 € 33 447,98 €
VIII 38 709,35 € 42 580,28 € 46 838,31 €
IX 51 522,14 € 56 674,36 € sans objet
X 65 175,51 € 78 210,61 € sans objet

Source : accord du 17 mars 2026, article 1er, consulté le 8 octobre 2026. La durée de présence au niveau VII ne peut pas dépasser 3 ans.

Garantie d'ancienneté : jusqu'à 17 % de plus

Dans le secteur non alimentaire, le salarié a droit à une garantie d'ancienneté : la somme des 12 salaires mensuels conventionnels de l'année civile écoulée, majorée de 5 % après 4 ans d'ancienneté dans l'entreprise, 9 % après 8 ans, 13 % après 12 ans et 17 % après 16 ans. Elle suit le niveau et l'échelon du salarié, au prorata en cas de départ ou d'absence non assimilée à du temps de travail. L'ancienneté compte aussi les contrats antérieurs, sauf ceux rompus pour faute grave ou à l'initiative du salarié, et hors périodes de suspension du contrat.

Pour la vérifier, on compare cette somme à ce que le salarié a réellement reçu, sans compter les heures supplémentaires, les majorations de la convention, les primes liées aux contraintes de l'emploi, les sommes qui ne sont pas du salaire ni les primes de type 13e mois.

Exemple chiffré

Un grossiste de matériel électrique de six salariés emploie un préparateur de commandes, emploi repère du niveau II, avec cinq ans d'ancienneté : deux ans dans la fonction l'ont placé à l'échelon 2. Il le paie au minimum de la grille, soit 1 884,37 €, sans prime, pendant douze mois. Pour l'exemple, nous supposons ce minimum inchangé sur l'année.

Garantie d'ancienneté sur douze mois
Salaires conventionnels 12 mois × 1 884,37 €22 612,44 €
Majoration après 4 ans 5 %1 130,62 €
Garantie d'ancienneté23 743,06 €

Le salarié ayant reçu 22 612,44 €, l'employeur lui doit un complément de 1 130,62 € brut.

Dans le secteur alimentaire, la garantie annuelle de rémunération joue le même rôle : un salarié qui a au moins un an d'activité reçoit au minimum 12 salaires conventionnels de l'année civile majorés de 2 %. L'employeur la vérifie au 31 décembre ou au départ du salarié.

35 heures, puis des heures majorées de 25 % puis de 50 %

La durée légale de 35 heures par semaine s'applique, soit 151,67 heures par mois : le salaire du contrat s'y réfère (article 33). La durée quotidienne ne dépasse pas 10 heures. Des circonstances imprévisibles permettent d'aller jusqu'à 12 heures, dix fois par an au plus (article 44). Le temps de travail se répartit sur 4 à 5 jours et demi, ou sur 6 jours en période haute de modulation, 16 fois par an au plus.

Pour les heures supplémentaires, la convention renvoie aux règles légales : 25 % de majoration pour les huit premières heures de la semaine, de la 36e à la 43e, puis 50 %. Le paiement peut être remplacé, en tout ou partie, par un repos équivalent, pris dans les 4 mois qui suivent l'ouverture du droit. Le calcul des heures supplémentaires refait ces montants pour un taux horaire donné.

Ce qui change entre le secteur alimentaire et le secteur non alimentaire
Règle Secteur non alimentaire Secteur alimentaire
Contingent annuel sans autorisation Contingent légal : 220 heures 180 heures
Repos hebdomadaire 48 heures consécutives, dimanche compris 36 heures consécutives, dimanche compris, plus une demi-journée par semaine ou une journée toutes les deux semaines
Modulation, semaines de haute activité 44 heures au plus, 42 heures en moyenne sur 12 semaines 48 heures au plus, 16 semaines par an, 44 heures en moyenne sur 12 semaines

Source : convention, article 44 et accord du 14 décembre 2001, secteur alimentaire, consultés le 8 octobre 2026. Contingent légal : Service-public.gouv.fr, heures supplémentaires (page mise à jour le 8 juin 2026).

Dimanche, nuit et jours fériés : des primes propres à la branche

Les jours fériés légaux sont chômés et payés, à condition d'avoir été présent le dernier jour de travail avant le jour férié et le premier jour qui le suit, sauf absence autorisée (article 45). Le dimanche et la nuit ouvrent droit aux majorations suivantes.

Majorations de la convention des commerces de gros
Situation Ce que prévoit la convention
Dimanche travaillé habituellement Majoration de 10 % du taux horaire
Dimanche travaillé occasionnellement (3 par an au plus) Majoration de 100 %, ajoutée à celle des heures supplémentaires, et un jour de repos équivalent, si possible dans la quinzaine
Nuit habituelle ou travail par équipe (21 h à 6 h) Prime de 10 % du taux horaire du salaire réel pour chaque heure de nuit
Nuit occasionnelle Prime de 25 % du taux horaire du salaire réel pour chaque heure de nuit
Au moins 4 heures entre 21 h et 6 h Une indemnité de casse-croûte d'une fois et demie le minimum garanti, en plus de la prime
Jour férié travaillé occasionnellement Salaire majoré de 100 % ou un jour de congé compensatoire payé
Jour férié travaillé habituellement Majoration de 10 % du taux horaire

Source : convention, articles 45 et 46 ; accord du 30 septembre 2002 relatif au travail de nuit, article 3, qui a remplacé l'article 47 de la convention. Consultés le 8 octobre 2026. Le travail du dimanche est interdit aux moins de 18 ans.

Le minimum garanti est de 4,35 € depuis le 1er juin 2026. Est travailleur de nuit le salarié qui fait, au moins deux fois par semaine, 3 heures de travail entre 21 heures et 6 heures, ou au moins 270 heures dans cette plage sur 12 mois consécutifs. Il reçoit en plus un repos compensateur : 1 jour à partir de 270 heures de nuit, 2 jours à partir de 540 heures, 3 à partir de 940 heures et 4 à partir de 1 180 heures (accord du 30 septembre 2002, articles 2 et 3).

Prévoyance et complémentaire santé

Les non-cadres

L'accord du 23 octobre 2023, étendu par arrêté du 12 mars 2024, impose à toutes les entreprises un contrat de prévoyance collectif pour les non-cadres, sans condition d'ancienneté, applicable depuis le 1er juillet 2024. Le contrat couvre au minimum l'incapacité de travail, l'invalidité, le décès, les frais d'obsèques et une rente éducation. L'employeur prend en charge 60 % de la cotisation, avec un taux patronal minimal de 0,372 % du salaire brut, tranches 1 et 2 limitées à 4 plafonds annuels de la sécurité sociale.

Parmi les garanties minimales : un capital décès de 60 % du salaire brut de référence, une allocation d'obsèques limitée aux frais réels et à 100 % du plafond mensuel de la sécurité sociale (4 005,00 € en 2026), et, en cas d'arrêt de travail, 60 % du salaire de référence à l'issue du maintien de salaire conventionnel.

Les cadres

L'accord du 17 septembre 2025, étendu par arrêté du 11 décembre 2025, s'applique depuis le 1er juillet 2026 aux niveaux VII à X. Il ne crée pas de cotisation de plus : la cotisation patronale obligatoire de 1,5 % de la tranche 1 doit couvrir le décès (au moins 0,76 % y sont consacrés), l'invalidité et l'incapacité de travail. Aucun niveau minimal de garanties n'est fixé. L'entreprise peut aussi faire bénéficier de ce régime les salariés classés au moins au niveau V, par un acte de mise en place écrit.

La complémentaire santé

Les textes de la branche en vigueur sur Légifrance ne comportent aucun accord sur les frais de santé : la complémentaire santé se règle dans l'entreprise, qui doit la proposer à tous ses salariés (Code de la sécurité sociale, article L911-7).

Période d'essai, préavis, indemnité de licenciement et arrêt maladie

Période d'essai et préavis, selon la catégorie
Durée Employés et ouvriers Agents de maîtrise et techniciens Cadres
Période d'essai 2 mois 3 mois 4 mois
Préavis de démission 1 mois 2 mois 3 mois
Préavis de licenciement, moins de 2 ans d'ancienneté 1 mois 2 mois 3 mois
Préavis de licenciement, 2 ans d'ancienneté et plus 2 mois 2 mois 3 mois

Source : convention, articles 33 et 35, consultés le 8 octobre 2026. Pas de préavis en cas de faute grave ou de force majeure.

Le texte de base ne prévoit pas de renouvellement de l'essai. Seul le personnel de vente et de livraison du gros alimentaire périssable a une règle propre : 2 mois renouvelables 1 mois quand l'emploi suppose des relations permanentes avec la clientèle, 2 mois non renouvelables pour les seuls conducteurs-livreurs (avenant IV, article 2). Quand l'employeur rompt l'essai, il prévient 24 heures avant 8 jours de présence, 48 heures jusqu'à un mois, 2 semaines après un mois et un mois après trois mois. Le salarié prévient 48 heures à l'avance, 24 heures avant 8 jours de présence.

L'indemnité de licenciement est due après 1 an de présence (article 37). La convention donne un cinquième de mois par année jusqu'à 10 ans, puis un tiers de mois pour les années au-delà de la dixième. Comme l'indemnité légale vaut un quart de mois par année jusqu'à 10 ans, puis un tiers, elle est au moins égale à celle de la convention pour un employé : c'est la plus favorable qui est versée. Le calcul de l'indemnité de licenciement donne le montant légal.

Exemple chiffré

Le grossiste licencie son réceptionnaire-vérificateur, emploi repère du niveau III, pour un motif personnel, sans faute grave. Il a 6 ans d'ancienneté et un salaire de référence de 2 000,00 € brut.

Indemnité de licenciement
Convention, article 37 6 ans × 1/5 de mois × 2 000,00 €2 400,00 €
Indemnité légale 6 ans × 1/4 de mois × 2 000,00 €3 000,00 €
Indemnité due la plus élevée des deux3 000,00 €

Les deux indemnités ne se cumulent pas : le salarié reçoit la plus élevée, ici l'indemnité légale.

Les cadres relèvent de l'avenant I (article 4) : 2/10 de mois par année de présence pour un cadre qui compte de 1 à 5 ans ; au-delà de 5 ans, 3/10 de mois par année pour les années 0 à 9, 4/10 pour les années 10 à 19 et 5/10 à partir de la 20e, dans la limite de 12 mois. L'indemnité est majorée de 15 % entre 50 et 55 ans et de 20 % à partir de 55 ans pour un cadre qui compte au moins 15 ans d'ancienneté comme cadre dans l'entreprise.

En cas d'arrêt maladie, le salarié qui a un an d'ancienneté reçoit un complément à partir du 8e jour (dès le premier jour pour un accident du travail, une maladie professionnelle ou une hospitalisation) : 90 % de la rémunération brute pendant 30 jours, puis les deux tiers pendant 30 jours. Chaque tranche de 5 ans d'ancienneté au-delà de la première ajoute 10 jours, dans la limite de 90 jours (article 53). Le salarié doit justifier son absence dans les 2 jours.

Un bulletin de préparateur de commandes, ligne par ligne

Voici le bulletin d'octobre 2026 du préparateur de commandes de l'exemple, payé au minimum de sa position.

Exemple chiffré

Préparateur de commandes, niveau II, échelon 2, convention collective des commerces de gros (IDCC 573). Il travaille 35 heures par semaine dans l'équipe du matin, qui commence à 5 heures, cinq jours par semaine : une heure par jour se situe dans la plage de nuit, soit 21,67 heures par mois, qui ouvrent droit à la prime de 10 % du travail par équipe.

Du salaire au brut, octobre 2026
Salaire de base minimum du niveau II, échelon 2, pour 151,67 h1 884,37 €
Prime de nuit 21,67 h × 1,242 €, soit 10 % de 12,424 €26,91 €
Salaire brut1 911,28 €

Sur ce brut, la convention ajoute une retenue : la part salariale de la prévoyance des non-cadres, 40 % de la cotisation du contrat de l'entreprise. Si ce contrat s'en tient au taux patronal minimal de 0,372 %, la cotisation totale est de 0,62 % et la part du salarié de 0,248 % : 1 911,28 € × 0,248 %, soit 4,74 €.

Il ne fait pas 270 heures de nuit dans l'année ni 3 heures de nuit deux fois par semaine : il n'est pas travailleur de nuit et n'a pas droit au repos compensateur. Les autres retenues dépendent de l'entreprise : la complémentaire santé de son contrat et les cotisations salariales légales. Pour vérifier la garantie d'ancienneté en fin d'année, la prime de nuit ne compte pas : c'est une prime prévue par la convention et liée aux contraintes de l'emploi. Nous établissons ces bulletins chaque mois dans le cadre de notre mission social et paie. Pour un autre salaire, le simulateur de salaire brut en net donne un ordre de grandeur du net, et le calcul du coût d'un salarié donne la charge pour l'employeur.

Points de vigilance pour un grossiste

  1. 01

    Trois minima sont sous le SMIC. Un salarié du niveau I à temps plein est payé au moins 1 867,02 € par mois depuis le 1er juin 2026. Le salaire se contrôle après chaque hausse du SMIC et chaque nouvel accord de salaires.

  2. 02

    La garantie d'ancienneté se vérifie chaque année. Elle porte sur le salaire courant, sans les heures supplémentaires ni les primes : un salarié payé au minimum depuis des années réclame vite un complément.

  3. 03

    Le contrat fait référence à 151,67 heures par mois (article 33). Le niveau et l'échelon se fixent à l'embauche et se retrouvent sur le bulletin.

  4. 04

    Le dimanche et la nuit ont leurs primes. Elles se versent en plus du salaire, avec des taux distincts pour le travail habituel et le travail occasionnel.

  5. 05

    Les cadres ont leur propre indemnité de licenciement et leur prévoyance. Depuis le 1er juillet 2026, la cotisation de 1,5 % de la tranche 1 doit couvrir le décès, l'invalidité et l'incapacité de travail.

  6. 06

    L'alimentaire a ses règles. Contingent de 180 heures, repos hebdomadaire de 36 heures et garantie annuelle de rémunération remplacent celles du non-alimentaire.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il quand un minimum de la grille est inférieur au SMIC ?

C'est le SMIC qui s'applique. Depuis le 1er juin 2026, le SMIC mensuel est de 1 867,02 € : les trois échelons du niveau I (1 839,81 € à 1 861,96 €) sont en dessous. Le premier minimum au-dessus est celui du niveau II, échelon 1 : 1 873,13 €. L'accord prévoit d'ailleurs que les partenaires renégocient la grille dans le mois si l'échelon 1 du niveau I passe sous le SMIC.

Les heures supplémentaires comptent-elles dans la garantie d'ancienneté ?

Non. Pour vérifier la garantie, on écarte les heures supplémentaires, les majorations de la convention, les primes liées aux contraintes de l'emploi, les sommes qui ne sont pas du salaire et les primes de type 13e mois. Seul le salaire courant est comparé à la garantie.

L'indemnité de licenciement de la convention est-elle plus avantageuse que l'indemnité légale ?

Pas pour les employés et les ouvriers : la convention donne un cinquième de mois par année jusqu'à 10 ans, contre un quart pour l'indemnité légale ; au-delà de 10 ans, les deux donnent un tiers de mois par année. C'est donc l'indemnité légale qui s'applique. Les cadres ont un barème propre, plus favorable au-delà de 5 ans d'ancienneté.

Le travail du dimanche est-il majoré dans le commerce de gros ?

Oui. Un salarié qui travaille habituellement le dimanche reçoit une majoration de 10 % de son taux horaire. Les autres salariés reçoivent 100 % de majoration pour un dimanche occasionnel, dans la limite de 3 par an, et un jour de repos équivalent.

Sources

  1. Convention collective nationale de commerces de gros du 23 juin 1970, étendue par arrêté du 15 juin 1972, mise à jour par accord du 27 septembre 1984 : texte de base, articles 1er, 33 à 37, 44 à 47 et 53, Légifrance, consulté le
  2. Accord du 17 mars 2026 relatif aux salaires, article 1er (grille depuis le 1er mars 2026), Légifrance, consulté le
  3. Accord du 16 décembre 2024 relatif aux salaires minima, article 1er (grille du 1er janvier 2025), Légifrance, consulté le
  4. Accord du 5 mai 1992 relatif à la classification et au salaire conventionnel, partie II (description du système), Légifrance, consulté le
  5. Accord du 5 mai 1992, partie IV (garantie d'ancienneté et garantie annuelle de rémunération), Légifrance, consulté le
  6. Accord du 5 mai 1992, annexe B (classement des emplois repères, non étendue), Légifrance, consulté le
  7. Avenant I relatif aux cadres, article 4 (indemnité de licenciement), Légifrance, consulté le
  8. Avenant IV, accord du 10 octobre 1984 relatif au personnel de livraison et de vente, secteur alimentaire périssable, article 2 (période d'essai), Légifrance, consulté le
  9. Accord du 14 décembre 2001 relatif à l'ARTT, secteur alimentaire, article 4 (amplitudes des variations d'horaires), Légifrance, consulté le
  10. Accord du 30 septembre 2002 relatif au travail de nuit, articles 1er à 3 (remplacement de l'article 47, primes de nuit, repos des travailleurs de nuit), étendu, Légifrance, consulté le
  11. Arrêté du 11 juin 2026, Journal officiel du 27 juin 2026 (extension de l'accord du 17 mars 2026 relatif aux salaires), Légifrance, consulté le
  12. Accord du 23 octobre 2023 relatif au régime de prévoyance collective pour les salariés non-cadres, articles 3, 4 et 7, étendu par arrêté du 12 mars 2024, Légifrance, consulté le
  13. Accord du 17 septembre 2025 relatif à la mise en place d'un régime de prévoyance pour les salariés cadres, articles 8 et 10, étendu par arrêté du 11 décembre 2025, Légifrance, consulté le
  14. Arrêté du 22 mai 2026 relatif au relèvement du salaire minimum de croissance, Journal officiel n° 0121 du 24 mai 2026, consulté le
  15. Code du travail, article L3121-36 (majorations de 25 % et 50 % des heures supplémentaires à défaut d'accord), consulté le
  16. Code du travail, article R1234-2 (indemnité légale de licenciement), consulté le
  17. URSSAF, « Plafonds de la Sécurité sociale » (page mise à jour le 1er janvier 2026), consulté le
  18. Service-public.gouv.fr, « Heures supplémentaires d'un salarié du secteur privé » (page mise à jour le 8 juin 2026), consulté le
  19. Code du travail numérique, convention collective nationale des commerces de gros (IDCC 573), consulté le
Portrait de Nathanaël Bouskila

Nathanaël Bouskila, associé du cabinet

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Un associé relit avec vous la classification, la garantie d'ancienneté et les bulletins de vos salariés. Le premier échange se fait au cabinet ou en visioconférence, avant tout engagement.