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Convention collective · Social et paie

Convention collective coiffure : grille des salaires, ancienneté et horaires en 2026

La convention collective coiffure (IDCC 2596) s'applique aux salons de coiffure et à la coiffure à domicile. Elle classe chaque salarié par niveau et par échelon, fixe un salaire minimal mensuel par emploi, ajoute une prime d'ancienneté dès cinq ans et encadre le dimanche, les jours fériés, la mutuelle et la prévoyance. Depuis le 1er juin 2026, onze de ses minima sont inférieurs au SMIC : ces salariés sont payés au moins 1 867,02 € brut par mois.

Par Mikhael Amsellem, associé du cabinet Publié le Grille de l'avenant n° 51

IDCC
2596
Texte de base
Signé le 10 juillet 2006, étendu par arrêté du 3 avril 2007
Grille
Avenant n° 51, appliqué depuis le 1er mars 2026
Prime d'ancienneté
36 € dès cinq ans, 117 € dès vingt ans

La convention collective coiffure en bref

La convention est étendue : ses règles s'imposent à tous les salons de la branche, qu'ils adhèrent ou non à une organisation patronale (Code du travail, article L2261-15). Le texte de base de 2006 est complété par des avenants : classification en 2012, salaires (le dernier date de décembre 2025), mutuelle, prévoyance, clause de non-concurrence.

Fiche d'identité de la convention
Titre officielConvention collective nationale de la coiffure et des professions connexes du 10 juillet 2006
Numéro IDCC2596
ExtensionArrêté du 3 avril 2007, Journal officiel du 17 avril 2007
Texte intégralLégifrance, base KALI
Fiches du ministère du TravailCode du travail numérique

Sources : Légifrance, texte de base et son arrêté d'extension (titre officiel de la convention) ; Code du travail numérique pour la page de la convention. Consultés le 8 octobre 2026.

Toutes nos fiches sont rangées sur la page des conventions collectives, avec une recherche par numéro IDCC ou par activité.

Les salons qui appliquent la convention

L'article 1.1 vise les entreprises qui effectuent « tous travaux sur le cheveu naturel et/ou artificiel sur la personne humaine », quelles que soient les modalités d'exercice : en salon ou hors salon, donc aussi la coiffure à domicile. Un seul cas est exclu : la fabrication, la vente et l'importation de postiches ou de perruques.

Un établissement à activités multiples relève de la convention de son activité principale. Un salon qui propose aussi des soins d'esthétique reste donc dans la coiffure tant que la coiffure est son activité principale. Le champ couvre la métropole, les départements et régions d'outre-mer, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon (avenant n° 30 du 27 mai 2013).

La convention ne cite aucun code NAF. La branche se lit sur l'activité réellement exercée, et le code APE n'en est qu'un indice (Code du travail, article L2261-2). Notre outil de recherche du code APE aide à lire le vôtre. Nos pages expert-comptable pour un salon de coiffure et pour un institut d'esthétique détaillent la TVA, les seuils et la comptabilité de ces métiers.

Trois niveaux, trois échelons : la classification des emplois

Depuis l'avenant n° 23 du 16 avril 2012, les emplois techniques de la coiffure se rangent en trois niveaux de trois échelons, du coiffeur débutant au manager. Quatre critères décident du classement : la qualification, les compétences, les tâches exercées, l'autonomie et la responsabilité. En l'absence de diplôme de coiffure, le texte demande au moins une formation qualifiante de 12 mois.

Le niveau et l'échelon doivent figurer sur le bulletin de paie (article 3.1 de l'avenant). Un diplôme ne fixe pas le classement à lui seul : l'avenant n° 3 du 1er octobre 2015 rappelle que le classement repose sur un faisceau de critères, sans automaticité.

Les neuf positions de la filière technique
Niveau Échelon 1 Échelon 2 Échelon 3
Niveau 1 Coiffeur débutant Coiffeur Coiffeur confirmé
Niveau 2 Coiffeur qualifié ou technicien Coiffeur hautement qualifié ou technicien qualifié Coiffeur très hautement qualifié, assistant manager ou technicien hautement qualifié
Niveau 3 Manager Manager confirmé ou animateur de réseau Manager hautement qualifié ou animateur de réseau confirmé

Source : avenant n° 23 du 16 avril 2012, article 2, consulté le 8 octobre 2026.

Trois autres filières se classent par coefficient : l'esthétique-cosmétique (de 105 à 165), les emplois non techniques (de 100 à 130) et la filière administrative des agents de maîtrise et des cadres (de 230 à 330 et au-delà). Pour cette dernière, la convention cite par exemple le secrétaire de direction (230), le comptable (240), le chef de service administratif (285) et le directeur administratif (330).

La grille des salaires minima de la coiffure en 2026

La grille en vigueur est celle de l'avenant n° 51 du 3 décembre 2025, étendu par arrêté du 17 février 2026, publié au Journal officiel du 24 février. Son article 6 la fait entrer en application le premier jour du mois suivant cette publication : elle s'applique donc depuis le 1er mars 2026. Elle remplace celle de l'avenant n° 48 du 23 janvier 2024. Les montants sont des salaires mensuels bruts pour 151,67 heures, c'est-à-dire 35 heures par semaine.

Au 8 octobre 2026, la base de Légifrance ne compte aucun avenant de salaires plus récent. Elle ne liste que les textes en vigueur : un avenant signé depuis et pas encore étendu n'y figurerait pas.

Salaires minima mensuels bruts de la coiffure pour 151,67 heures (avenant n° 51), en euros
PositionMinimum mensuel de la grilleÀ payer depuis le 1er juin 2026
Filière technique de la coiffure
Niveau 1, échelon 1 (coiffeur débutant)1 843,00SMIC1 867,02
Niveau 1, échelon 2 (coiffeur)1 843,00SMIC1 867,02
Niveau 1, échelon 3 (coiffeur confirmé)1 845,00SMIC1 867,02
Niveau 2, échelon 1 (coiffeur qualifié ou technicien)1 869,001 869,00
Niveau 2, échelon 2 (hautement qualifié)1 944,001 944,00
Niveau 2, échelon 3 (très hautement qualifié)2 055,002 055,00
Niveau 3, échelon 1 (manager)2 183,002 183,00
Niveau 3, échelon 2 (manager confirmé)2 623,002 623,00
Niveau 3, échelon 2 (animateur de réseau)3 122,003 122,00
Niveau 3, échelon 3 (manager hautement qualifié)3 271,003 271,00
Niveau 3, échelon 3 (animateur de réseau confirmé)3 367,003 367,00
Filière de l'esthétique-cosmétique
Coefficient 1051 843,00SMIC1 867,02
Coefficient 1151 843,00SMIC1 867,02
Coefficient 1251 845,00SMIC1 867,02
Coefficient 1351 855,00SMIC1 867,02
Coefficient 1451 871,001 871,00
Coefficient 1551 944,001 944,00
Coefficient 1652 055,002 055,00
Emplois non techniques
Coefficient 1001 843,00SMIC1 867,02
Coefficient 1101 843,00SMIC1 867,02
Coefficient 1201 845,00SMIC1 867,02
Coefficient 1301 855,00SMIC1 867,02
Filière administrative (agents de maîtrise et cadres)
Coefficient 230 (secrétaire de direction)1 919,001 919,00
Coefficient 240 (comptable)1 919,001 919,00
Coefficient 250 (attaché de direction)1 952,001 952,00
Coefficient 285 (chef de service administratif)2 220,002 220,00
Coefficient 295 (chef du personnel, comptable qualifié)2 251,002 251,00
Coefficient 305 (directeur commercial, plus de 15 salariés)2 363,002 363,00
Coefficient 330 (directeur administratif)2 477,002 477,00
Coefficient 330 et au-dessus (positions supérieures)2 806,002 806,00

Sources : avenant n° 51 du 3 décembre 2025 relatif aux rémunérations minimales et à la prime d'ancienneté, articles 1er et 2, étendu par arrêté du 17 février 2026 (Journal officiel du 24 février 2026), appliqué depuis le 1er mars 2026 (métropole, départements et régions d'outre-mer, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon) ; arrêté du 22 mai 2026 pour le SMIC. Consultés le 8 octobre 2026.

Un salarié à temps partiel reçoit ces minima au prorata de son temps de travail. Les emplois de la filière administrative, eux, se situent tous au-dessus du SMIC.

La prime d'ancienneté

Dès cinq ans d'ancienneté, le salarié reçoit une prime qui s'ajoute au salaire minimal garanti. L'ancienneté se compte en années entières et consécutives dans le même établissement.

Prime d'ancienneté de la coiffure (avenant n° 51)
Ancienneté dans l'entreprise Montant
À partir de 5 ans 36 €
À partir de 7 ans 49 €
À partir de 9 ans 64 €
À partir de 12 ans 82 €
À partir de 15 ans 99 €
À partir de 20 ans 117 €

Source : avenant n° 51 du 3 décembre 2025, article 3, consulté le 8 octobre 2026.

La prime a sa propre ligne sur le bulletin : à défaut, la convention la considère comme non payée (chapitre III, article 2). Quand un complément porte la paie au SMIC, la prime s'ajoute au SMIC. Pour un temps partiel, elle est versée au prorata du temps de travail. Le tableau de l'article 2 du chapitre III, dans le texte de base, date de 2006 et affiche de plus petits montants (de 25 à 75 euros) : les avenants de salaires l'ont remplacé.

Horaires et heures supplémentaires : 10 heures par jour au plus

La durée du travail se calcule en temps de travail effectif. Les trajets entre le domicile et le salon, l'habillage (sauf tenue imposée par l'employeur), la coupure du repas de midi et les pauses de 20 minutes ou plus passées librement hors de la clientèle n'en font pas partie. Les déplacements entre deux salons d'un même groupe et les prestations à domicile, sur ordre de l'employeur, en font partie (article 8.1.1).

Le temps plein se répartit sur 4 jours, 4 jours et demi ou 5 jours. La journée de travail effectif ne dépasse pas 10 heures, et l'amplitude, de 11 heures, tombe à 10 heures si le salarié travaille après 21 heures. Elle peut monter à 12 heures, mais seulement 2 jours par an et par salarié (articles 8.1.2 à 8.1.4). En journée interrompue, le salon accorde un repos collectif d'au moins 2 heures au milieu de la journée (1 heure par accord d'entreprise) ; en journée continue, la coupure du repas dure 30 minutes au moins, entre 11 heures et 15 heures.

Heures supplémentaires dans la convention de la coiffure
Heures dans la semaine Majoration
De la 36e à la 43e heure 25 %
À partir de la 44e heure 50 %

Source : convention de la coiffure, article 8.1.5 ; Code du travail, article L3121-36. Consultés le 8 octobre 2026. Pour les entreprises de 1 à 20 salariés, le tableau de la convention prévoyait 10 % de la 36e à la 39e heure, mais seulement jusqu'au 31 décembre 2008.

Une coiffeuse qualifiée, payée au minimum de 1 869,00 €, fait 39 heures par semaine. Son taux horaire est de 12,323 €. Ses quatre heures supplémentaires hebdomadaires, soit 17,33 heures par mois, sont payées 15,404 € de l'heure : 266,95 € brut par mois en plus du salaire de base.

Le contingent annuel est de 200 heures par salarié, ramené à 80 heures avec la modulation du temps de travail. L'employeur peut remplacer le paiement des heures et de leur majoration par un repos équivalent, à prendre dans les trois mois, hors du 1er juillet au 31 août et du 15 décembre au 1er janvier. Le calcul des heures supplémentaires refait ces montants pour un autre salaire.

Un contrat à temps partiel prévoit au moins 24 heures par semaine. L'avenant n° 38 du 21 janvier 2016, qui a remplacé l'article 11 de la convention, admet des durées plus courtes : 16 heures pour un coiffeur, réparties 8 heures le vendredi et 8 heures le samedi, avec une prime spécifique de 5 % de son salaire de base sur une ligne distincte du bulletin ; 7 heures pour l'esthétique-cosmétique (article 3.2.1). Une journée de temps partiel ne comporte qu'une interruption, de 2 heures au plus. Les heures complémentaires ne dépassent pas un dixième de la durée du contrat, ou un tiers pour remplacer un salarié absent, et ne peuvent pas porter la durée au niveau de la durée légale (article 4.1.2).

Dimanche, jours fériés, congés : ce que la convention ajoute

Le repos dominical reste la règle ; il n'y a de dérogation que dans le cadre de la loi. Le travail du dimanche se fait alors sur la base du volontariat, avec un délai de prévenance de 15 jours. Un dimanche travaillé donne droit à une journée de repos dans les deux semaines civiles qui suivent et à une prime égale à 1/24 du traitement mensuel (article 9). Pour la coiffeuse de l'exemple, à 1 869,00 €, la prime est de 77,88 €. Chaque salarié a un repos d'au moins 24 heures le dimanche et une journée de plus par roulement, et il peut demander deux jours de repos consécutifs une fois par mois (article 10).

Le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier sont chômés sans perte de salaire. Sur les huit autres jours fériés, l'employeur ne fait travailler ses salariés que quatre jours au plus, cinq avec leur accord écrit et sur la base du volontariat. Un jour férié travaillé est payé 100 % de plus, ou compensé par une journée de repos ; ce supplément a une ligne distincte sur le bulletin et remplace les majorations d'heures supplémentaires (article 14).

Le congé annuel est de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, 30 jours ouvrables au plus. La période de référence va du 1er juin au 31 mai, et le congé principal ne dépasse pas 24 jours ouvrables. L'ordre des départs est communiqué aux salariés deux mois à l'avance (article 13.1).

Congés pour événements familiaux
Événement Durée
Naissance ou arrivée d'un enfant en vue d'adoption 3 jours
Mariage ou Pacs du salarié 4 jours
Mariage ou Pacs d'un enfant 1 jour
Décès d'un enfant 5 jours
Décès du conjoint, du concubin ou du partenaire de Pacs, du père, de la mère, du beau-père, de la belle-mère, d'un frère ou d'une sœur 3 jours
Décès d'un grand-parent ou d'un petit-enfant 1 jour
Annonce d'un handicap chez un enfant 2 jours

Source : convention de la coiffure, article 13.2 (avenant n° 41 du 31 mai 2018), consulté le 8 octobre 2026. Ces jours sont accordés sans condition d'ancienneté et sans réduction de la rémunération.

Si l'employeur impose une tenue, il la fournit et l'entretient à ses frais (article 16). Il met aussi à disposition le matériel et l'outillage. Le salarié peut demander à utiliser ses propres ciseaux, avec l'autorisation de l'employeur, et il en répond alors seul (avenant n° 29 du 2 juillet 2012).

Essai, préavis et indemnités : des durées courtes

Période d'essai et préavis, selon la catégorie
Durée Emplois techniques, esthétique, non techniques Agent de maîtrise Cadre
Période d'essai en CDI 2 mois 2 mois 3 mois
Renouvellement de l'essai 1 mois 1 mois 3 mois
Démission, moins de 6 mois d'ancienneté 1 semaine 3 mois 3 mois
Démission, plus de 6 mois d'ancienneté 1 mois 3 mois 3 mois
Licenciement, moins de 6 mois d'ancienneté 1 semaine 3 mois 3 mois
Licenciement, de 6 mois à 2 ans 1 mois 3 mois 3 mois
Licenciement, plus de 2 ans 2 mois 3 mois 3 mois

Source : convention de la coiffure, article 7.3 (avenant n° 14 du 18 mars 2009) et article 7.4.1, consultés le 8 octobre 2026. Pas de préavis en cas de faute grave.

Le renouvellement doit être prévu au contrat, et un entretien à mi-période peut se tenir avant de le décider. Le préavis part de la première présentation de la lettre recommandée, et la lettre de licenciement indique son motif (article 7.4.2). Pendant le préavis, le salarié peut s'absenter 2 heures par jour pour chercher un emploi : sans perte de salaire en cas de licenciement, sans rémunération en cas de démission (article 7.4.4).

Les salariés techniques, de l'esthétique et non techniques reçoivent l'indemnité légale de licenciement. Les cadres et agents de maîtrise reçoivent un quart de mois de salaire par année de présence, plafonné à 6 mois, sans cumul avec l'indemnité légale : c'est le calcul le plus favorable qui s'applique (article 7.5.1). Le calcul de l'indemnité de licenciement donne le montant légal à partir du salaire et de l'ancienneté.

La convention ne prévoit pas elle-même de complément de salaire pendant un arrêt maladie : l'article 17 ne fixe que les formalités, dont l'avis à l'employeur dans les 48 heures. Le régime légal s'applique, puis la prévoyance de branche prend le relais à partir du 91e jour d'arrêt.

La clause de non-concurrence

Une clause de non-concurrence doit être écrite dans le contrat ou dans un avenant, et respecter quatre conditions cumulatives (avenant n° 39 du 15 juin 2016) :

  • elle est indispensable à la protection des intérêts légitimes de l'entreprise, comme sa clientèle et son savoir-faire ;
  • elle est limitée dans le temps, 12 mois au plus après la fin des relations de travail, et dans l'espace ;
  • elle n'empêche pas le salarié d'exercer un métier conforme à sa qualification ;
  • elle prévoit une contrepartie financière de nature salariale, versée chaque mois après la fin du contrat.

Elle n'est opposable qu'à un salarié qui compte 6 mois d'ancienneté au moins, et jamais dans un contrat en alternance. L'employeur peut y renoncer par écrit, au plus tard 15 jours après la notification de la rupture. Une clause plus ancienne qui ne respecte pas ces conditions est inopposable : il faut un avenant au contrat pour en avoir une valable.

Mutuelle et prévoyance : deux régimes obligatoires

La complémentaire santé

Le régime de frais de santé couvre à titre obligatoire tous les salariés, y compris les apprentis, avec leurs enfants à charge dans une cotisation uniforme. Le conjoint peut adhérer à titre facultatif. Un salarié à temps partiel ou un apprenti peut refuser l'adhésion si sa cotisation atteint 10 % de sa rémunération brute (avenant n° 11 du 16 avril 2008, article 2).

Depuis le 1er juillet 2025, la cotisation de la garantie de base est de 1,5 % du plafond mensuel de la sécurité sociale (PMSS) pour le salarié et ses enfants, et de 1,09 % pour un conjoint. Le régime local d'Alsace-Moselle applique 1,222 % pour le salarié et ses enfants, et 0,887 % pour un conjoint. L'employeur prend en charge 59 % au moins de la cotisation de la couverture familiale (avenant n° 9 du 12 mars 2025, étendu par arrêté du 27 mai 2025). Avec un PMSS de 4 005 € en 2026, la cotisation est de 60,08 € par mois, dont 24,63 € au plus pour le salarié. Les options « confort » et « confort plus » se paient en plus, au taux de 0,859 % et de 1,231 % du PMSS pour un adulte.

La prévoyance

Chaque entreprise souscrit auprès d'un assureur un contrat qui couvre tous ses salariés, avec des garanties au moins égales à celles de l'accord du 8 juillet 2015. L'employeur finance au moins la moitié de la cotisation, et le salarié finance seul la garantie incapacité de travail. Le taux dépend du contrat souscrit : la convention n'en fixe pas.

Pour un salarié non cadre, l'accord prévoit notamment un capital en cas de décès, de 230 % du salaire de référence pour une personne célibataire, veuve ou divorcée, de 360 % pour une personne mariée, pacsée ou en concubinage, avec 80 % de plus par enfant à charge. En cas d'arrêt de travail, une indemnité journalière complémentaire est versée à partir du 91e jour d'arrêt continu, à hauteur de 75 % de la 365e partie du salaire de référence, sous déduction des prestations de la sécurité sociale (avenant n° 1 du 14 décembre 2021). Depuis le 1er avril 2025, une garantie frais d'obsèques de 75 % du PMSS s'ajoute en cas de décès du salarié (avenant n° 2 du 15 janvier 2025).

Un bulletin de coiffeuse, ligne par ligne

Voici le bulletin d'octobre 2026 d'une coiffeuse d'un salon du 8e arrondissement, payée au minimum de sa position.

Exemple chiffré

Coiffeuse qualifiée, niveau 2, échelon 1, convention collective de la coiffure (IDCC 2596) : les deux mentions figurent sur le bulletin. Elle travaille 35 heures par semaine et compte 7 ans d'ancienneté dans le salon. Son contrat prévoit 10 % de l'excédent par rapport à l'objectif. En octobre, ses prestations ont généré 7 400,00 € hors taxes.

Du salaire au brut, octobre 2026
Salaire de base minimum du niveau 2, échelon 11 869,00 €
Prime d'ancienneté à partir de 7 ans49 €
Rémunération variable 10 % × (7 400,00 € − objectif de 6 354,60 €)104,54 €
Salaire brut2 022,54 €

Trois lignes viennent de la convention. L'objectif est le salaire de base multiplié par 3,4 : 1 869,00 € × 3,4 = 6 354,60 €. La part variable ne compte pas dans le calcul du minimum conventionnel. La complémentaire santé de branche coûte 60,08 € par mois, dont 24,63 € au plus à la charge de la salariée.

Les autres retenues dépendent du salon : la prévoyance, au taux du contrat de l'assureur, et les cotisations salariales légales. Nous établissons ces bulletins chaque mois dans le cadre de notre mission social et paie. Pour un autre salaire, le simulateur de salaire brut en net donne un ordre de grandeur du net, et le calcul du coût d'un salarié donne la charge pour l'employeur.

Points de vigilance pour un salon de coiffure

  1. 01

    Onze minima sont sous le SMIC. Un salarié classé au niveau 1 de la filière technique est payé au moins 1 867,02 € par mois pour 35 heures depuis le 1er juin 2026. Le contrôle se refait après chaque hausse du SMIC.

  2. 02

    L'emploi, le niveau et l'échelon figurent sur chaque bulletin. Ils fixent le minimum du salarié, et un diplôme ne suffit pas à les déterminer.

  3. 03

    La prime d'ancienneté a sa ligne. Sans ligne distincte, la convention la considère comme non payée. Elle commence à cinq ans, dans le même établissement.

  4. 04

    L'objectif et le pourcentage de la part variable sont écrits au contrat. Le pourcentage ne descend pas sous 10 %, et la part variable ne sert jamais à atteindre le minimum.

  5. 05

    Le dimanche et les jours fériés se compensent. Un dimanche travaillé ouvre droit à un jour de repos et à une prime ; un jour férié travaillé, à 100 % de plus ou à un jour de repos.

  6. 06

    La clause de non-concurrence doit être récente et payée. Une clause qui ne respecte pas l'avenant n° 39 ne peut pas être opposée au salarié.

  7. 07

    Les apprentis ont leurs règles. Ils ne sont jamais présents le dimanche dans un salon autorisé à ouvrir ce jour-là, sans perte de rémunération (article 1.2 du chapitre II). L'avenant n° 51 ne contient pas de grille propre aux apprentis : leur rémunération se lit sur notre page salaire en alternance.

Questions fréquentes

Quel est le salaire minimum d'un coiffeur en 2026 ?

Il dépend de son niveau et de son échelon. Un coiffeur débutant (niveau 1, échelon 1) a un minimum conventionnel de 1 843,00 € par mois, mais le SMIC s'applique : 1 867,02 € brut depuis le 1er juin 2026. Un coiffeur qualifié (niveau 2, échelon 1) a un minimum de 1 869,00 €, supérieur de 1,98 € au SMIC mensuel.

La prime d'ancienneté est-elle obligatoire dans un salon de coiffure ?

Oui, à partir de cinq ans d'ancienneté dans l'entreprise : 36 €, puis davantage tous les deux à cinq ans, jusqu'à 117 € après vingt ans. Elle figure sur une ligne distincte du bulletin ; à défaut, la convention la considère comme non payée.

Un salarié peut-il travailler le dimanche dans un salon de coiffure ?

Seulement si la loi le permet : le repos dominical reste la règle. Le travail du dimanche se fait alors sur la base du volontariat, avec un délai de prévenance de 15 jours. Il donne droit à une journée de repos dans les deux semaines civiles qui suivent et à une prime égale à 1/24 du traitement mensuel.

Comment fonctionne la rémunération variable d'un coiffeur ?

L'employeur fixe à chaque salarié un objectif mensuel, au moins égal à son salaire de base multiplié par 3,4. Quand le chiffre d'affaires hors taxes de ses prestations dépasse cet objectif, le salarié reçoit un pourcentage de l'écart, au moins 10 %. La part variable a sa ligne sur le bulletin et ne compte pas dans le calcul du minimum conventionnel.

Quelle est la durée de la période d'essai d'un coiffeur ?

Deux mois au maximum pour les emplois techniques, les employés non techniques et les agents de maîtrise, trois mois pour un cadre. Le renouvellement, prévu au contrat, ajoute un mois au plus (trois mois pour un cadre). La suspension du contrat pendant l'essai le prolonge d'autant.

Sources

  1. Convention collective nationale de la coiffure et des professions connexes du 10 juillet 2006, texte de base, étendu par arrêté du 3 avril 2007 (Journal officiel du 17 avril 2007), Légifrance, consulté le
  2. Avenant n° 51 du 3 décembre 2025 relatif aux rémunérations minimales et à la prime d'ancienneté, articles 1er à 3 et 6, Légifrance, consulté le
  3. Arrêté du 17 février 2026, Journal officiel du 24 février 2026 (extension de l'avenant n° 51), Légifrance, consulté le
  4. Avenant n° 23 du 16 avril 2012 relatif aux classifications et aux rémunérations, articles 2 et 3, Légifrance, consulté le
  5. Avenant n° 3 du 1er octobre 2015 à l'avenant n° 23 (BTS Métiers de la coiffure), article 1er, Légifrance, consulté le
  6. Convention collective de la coiffure, chapitre III, rémunération variable individuelle et clause d'objectifs (avenant n° 13 du 20 novembre 2008), Légifrance, consulté le
  7. Convention collective de la coiffure, chapitre III, article 2 (primes d'ancienneté), Légifrance, consulté le
  8. Avenant n° 30 du 27 mai 2013 portant modification du champ d'application, Légifrance, consulté le
  9. Convention collective de la coiffure, article 1.1 (champ d'application), Légifrance, consulté le
  10. Convention collective de la coiffure, articles 8.1.1 à 8.1.7 (temps de travail, amplitude, heures supplémentaires, pauses), Légifrance, consulté le
  11. Convention collective de la coiffure, articles 9 et 10 (repos dominical et hebdomadaire), Légifrance, consulté le
  12. Convention collective de la coiffure, articles 13 et 14 (congés payés, jours fériés), Légifrance, consulté le
  13. Avenant n° 41 du 31 mai 2018 relatif aux congés pour événements familiaux, Légifrance, consulté le
  14. Convention collective de la coiffure, article 7.3 (période d'essai, avenant n° 14 du 18 mars 2009), Légifrance, consulté le
  15. Convention collective de la coiffure, articles 7.4 et 7.5 (préavis, indemnités de licenciement et de départ en retraite), Légifrance, consulté le
  16. Avenant n° 38 du 21 janvier 2016 relatif au travail à temps partiel, Légifrance, consulté le
  17. Avenant n° 39 du 15 juin 2016 relatif à la clause de non-concurrence, Légifrance, consulté le
  18. Avenant n° 29 du 2 juillet 2012 relatif à l'outillage, Légifrance, consulté le
  19. Avenant n° 11 du 16 avril 2008 relatif au régime frais de santé, article 2 (bénéficiaires), Légifrance, consulté le
  20. Avenant n° 9 du 12 mars 2025 à l'avenant n° 11 (frais de santé, cotisations), étendu par arrêté du 27 mai 2025, Légifrance, consulté le
  21. Accord du 8 juillet 2015 relatif au régime de prévoyance, articles 3 à 5, Légifrance, consulté le
  22. Avenant n° 2 du 15 janvier 2025 à l'accord du 8 juillet 2015 (garantie frais d'obsèques), Légifrance, consulté le
  23. Arrêté du 22 mai 2026 relatif au relèvement du salaire minimum de croissance, Journal officiel n° 0121 du 24 mai 2026, consulté le
  24. URSSAF, « Plafonds de la Sécurité sociale » (page mise à jour le 1er janvier 2026), consulté le
  25. Code du travail, article L3121-36 (majorations de 25 % et 50 % à défaut d'accord), consulté le
  26. Code du travail, articles L2261-2 et L2261-15 (convention applicable, effet de l'extension), consulté le
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Mikhael Amsellem, associé du cabinet

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