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Votre secteur · Beauté et bien-être

Expert-comptable coiffeur : prestations, revente de produits, TVA et convention

Un salon de coiffure encaisse deux activités sur le même ticket : des prestations de services et la revente de produits. Pour la micro-entreprise comme pour la franchise de TVA, elles n'obéissent pas aux mêmes seuils. Les montants de 2026 sont repris ci-dessous, avec un salon qui franchit le seuil des services. Vous y verrez aussi comment un expert-comptable accompagne un coiffeur, du diplôme exigé à la paie, depuis notre cabinet de la rue du Colisée, à Paris 8e.

Par Mikhael Amsellem, associé du cabinet Publié le Chiffres 2026

Diplôme
Brevet professionnel ou brevet de maîtrise en salon, CAP à domicile, ou trois ans d'expérience
Micro-entreprise
203 100 € au total, dont 83 600 € de prestations au plus
Franchise de TVA
85 000 € au total, dont 37 500 € de prestations au plus
Convention collective
Coiffure et professions connexes (IDCC 2596)

Le diplôme, condition pour tenir un salon

La coiffure est une activité réglementée. Un salon doit être placé sous le contrôle effectif et permanent d'une personne qualifiée : titulaire d'un brevet professionnel ou d'un brevet de maîtrise de coiffure, ou d'un titre de niveau au moins égal inscrit au répertoire national des certifications professionnelles. Le CAP ne suffit pas pour tenir un salon. À défaut de diplôme, trois années d'expérience effective dans le métier ouvrent la même possibilité, avec une attestation de qualification délivrée par la chambre de métiers et de l'artisanat.

Pour la coiffure à domicile, l'exigence est moindre : un CAP, un BEP ou un titre de niveau au moins égal, ou là aussi trois ans d'expérience. Exercer sans la qualification exigée expose à 7 500 € d'amende, et l'usage du titre sans y avoir droit à un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende.

Expert-comptable coiffeur : deux activités, deux seuils

Couper, colorer, coiffer : ce sont des prestations de services. Vendre un shampooing ou une cire : c'est une vente de marchandises. Le salon qui fait les deux relève de deux limites à la fois, pour la micro-entreprise comme pour la franchise de TVA.

Seuils d'un salon qui vend des prestations et des produits, en 2026
Seuil Total des recettes Dont prestations
Micro-entreprise 203 100 € 83 600 €
Franchise de TVA 85 000 € 37 500 €
Franchise de TVA, seuil majoré 93 500 € 41 250 €

Sources : Entreprendre.service-public.gouv.fr, F32353 et F21746 ; BOFiP, BOI-TVA-DECLA-40-10-10, § 160. Consultés le 5 octobre 2026.

Pour la franchise de TVA, le BOFiP est net : un salon à activité mixte n'en bénéficie que si aucune des deux limites n'est dépassée. Dépasser 37 500 € de prestations suffit à perdre la franchise pour toutes les recettes, produits compris, même si le total reste loin de 85 000 €. Le dépassement fait entrer dans la TVA au 1er janvier suivant ; au-delà du seuil majoré de 41 250 €, dès le jour du dépassement.

Les prestations comme les produits sont alors taxés au taux normal de 20 %. C'est pourquoi la caisse doit séparer les deux familles dès l'ouverture : sans cette séparation, impossible de savoir où vous en êtes par rapport à chaque seuil.

Un salon qui franchit le seuil des services

Exemple chiffré

Un salon tenu par sa gérante seule, en micro-entreprise et en franchise de TVA, termine 2026 avec 39 800 € de prestations et 5 200 € de revente de produits, soit 45 000 € au total.

Seuils de 2026
Total sous 85 000 €Oui : 45 000 €
Prestations sous 37 500 €Non : 2 300 € au-dessus
Prestations sous le seuil majoré de 41 250 €Oui : 1 450 € en dessous
Plafonds de la micro-entrepriseRespectés

Le salon garde la franchise jusqu'au 31 décembre 2026, mais facture la TVA à partir du 1er janvier 2027, sur ses prestations et sur ses produits. S'il ne change pas ses prix, ses 45 000 € de recettes contiennent désormais 7 500 € de TVA : il n'en garde que 37 500 €. Pour conserver le même revenu, une coupe à 30 € doit passer à 36 € toutes taxes comprises. Il reste en micro-entreprise : ses recettes sont loin des plafonds.

Ce calcul se prépare à l'automne, pas en janvier : c'est le moment de décider d'une hausse de prix, ou de vérifier que le seuil majoré ne sera pas atteint avant la fin de l'année.

Le simulateur auto-entrepreneur chiffre les cotisations et l'impôt de la micro-entreprise, une activité à la fois : un calcul pour les prestations du salon, un autre pour la vente de produits.

Le simulateur de TVA convertit vos tarifs hors taxes en prix toutes taxes comprises.

Afficher ses prix et remettre une note

Le salon affiche ses prix toutes taxes comprises à trois endroits : à l'intérieur, près de la caisse ; en vitrine, lisible de l'extérieur ; et sur une carte que le client peut consulter. L'affichage porte sur au moins dix prestations dans un salon réservé aux femmes ou aux hommes, et sur au moins vingt dans un salon mixte.

Au-delà de 25 €, ou à la demande du client, une note est remise. Elle mentionne la date, le salon, le détail des prestations et le total toutes taxes comprises. Ces notes, et les tickets de caisse, sont les pièces que nous rapprochons de vos encaissements.

La convention de la coiffure

Les salariés relèvent de la convention collective nationale de la coiffure et des professions connexes du 10 juillet 2006 (IDCC 2596), étendue en 2007. Sa principale prime est la prime d'ancienneté. Les salaires minimaux se lisent dans la grille de la convention : nous les comparons à chaque bulletin, et à chaque avenant qui les revalorise.

Notre fiche sur la convention collective de la coiffure reprend sa grille de salaires.

Avant une embauche, le simulateur du coût d'un salarié chiffre le poste charges comprises.

Pour les coiffeurs et apprentis du salon, les bulletins sont préparés par notre service social et paie, grille de la convention à l'appui.

La location de fauteuil

Certains salons louent un fauteuil à un coiffeur indépendant, immatriculé à son compte. La loi présume qu'une personne immatriculée n'est pas liée par un contrat de travail à celui pour qui elle travaille. Cette présomption tombe si le coiffeur travaille dans des conditions qui le placent dans un lien de subordination juridique permanente à l'égard du salon. Le contrat peut alors être requalifié en contrat de travail, avec les cotisations et les sanctions du travail dissimulé.

Côté comptable, le loyer encaissé par le salon est une recette distincte de ses prestations, et le coiffeur indépendant tient sa propre comptabilité. Nous suivons ces loyers à part dans vos comptes.

Ce que nous faisons pour un salon

  1. 01

    À l'ouverture, nous paramétrons la séparation entre prestations et produits dans votre caisse, pour suivre chaque seuil.

  2. 02

    Chaque mois, nous comparons vos recettes aux seuils de l'année et vous prévenons avant un dépassement.

  3. 03

    Nous préparons les déclarations de TVA dès que le salon y entre, et les bulletins selon la convention de la coiffure.

  4. 04

    À la clôture, nous comptons le stock de produits et calculons la marge de la revente, à part de celle des prestations.

Tickets, achats de produits et loyers de fauteuil passent dans les comptes au titre de notre mission de tenue comptable. La coiffure est une activité artisanale : la page artisans détaille la qualité d'artisan, le statut du conjoint et le choix entre micro-entreprise et régime réel.

Les métiers voisins

Le barbier exerce la coiffure au sens de la réglementation, avec ses propres points d'attention.

L'autre page de la famille Beauté et bien-être : Esthétique. Toute la famille figure dans le plan des secteurs.

Barbier

Le rasage et la taille de la barbe et des moustaches font partie des activités de coiffure : un barbier qui ouvre sa boutique relève donc de la même qualification qu'un salon (brevet professionnel, brevet de maîtrise ou trois années d'expérience) et en principe de la même convention collective. Ses prestations sont au taux normal de 20 %, comme ses produits de soin revendus. La revente d'huiles et de baumes compte dans le total des recettes, pas dans la part des prestations : un barbier qui vend beaucoup de produits doit suivre les deux seuils, comme un salon.

Questions fréquentes

Faut-il le même diplôme pour coiffer à domicile que pour ouvrir un salon ?

Non. Le salon exige un brevet professionnel, un brevet de maîtrise ou un titre de niveau au moins égal. Pour coiffer à domicile, un CAP de coiffure, un BEP ou un titre de niveau au moins égal suffit. Dans les deux cas, trois années d'expérience professionnelle effective dans le métier peuvent remplacer le diplôme. La carte d'artisan ambulant n'est exigée que si vous travaillez sur la voie publique, ou sans établissement fixe en dehors de la commune où vous résidez.

La vente de shampooings compte-t-elle dans le seuil des prestations ?

Non. La revente de produits est une vente de marchandises : elle compte dans le total, plafonné à 85 000 € pour la franchise de TVA et à 203 100 € pour la micro-entreprise, mais pas dans la part réservée aux prestations, plafonnée à 37 500 € et à 83 600 €.

À partir de quel montant faut-il remettre une note au client ?

Dès que la prestation dépasse 25 €, et pour tout montant si le client la demande. La note indique la date, le nom et l'adresse du salon, le détail des prestations et le total toutes taxes comprises. Un double se conserve deux ans.

Que se passe-t-il si mes prestations dépassent le seuil majoré en cours d'année ?

La franchise s'arrête dès le jour du dépassement : la TVA de 20 % est due sur les prestations et les ventes à partir de ce jour, sans attendre le 1er janvier suivant. En 2026, ce seuil majoré est de 41 250 € pour les prestations de services.

Sources

  1. Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Coiffeur en salon : conditions d'accès et d'exercice en France », qualification, affichage des prix et note (page datée du 21 février 2026), consulté le
  2. Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Coiffeur à domicile : conditions d'accès et d'exercice en France » (page datée du 21 février 2026), consulté le
  3. Code de l'artisanat, articles R121-1 à R121-3, qualification exigée pour la coiffure en salon et à domicile (version en vigueur depuis le 1er juillet 2023), consulté le
  4. Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Micro-entreprise : seuils de chiffre d'affaires » (page mise à jour le 21 février 2026), consulté le
  5. Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Franchise en base de TVA » (page mise à jour le 1er janvier 2026), consulté le
  6. BOFiP, BOI-TVA-DECLA-40-10-10, franchise en base, activités mixtes, § 130 et 160 (version du 1er juillet 2026), consulté le
  7. Code du travail numérique, convention collective de la coiffure et des professions connexes (IDCC 2596), consulté le
  8. Code du travail numérique, « Quelles sont les primes prévues par la convention collective ? », coiffure (mis à jour le 21 novembre 2023), consulté le
  9. Code du travail, article L8221-6, présomption de non-salariat des personnes immatriculées, consulté le
Portrait de Mikhael Amsellem

Mikhael Amsellem, associé du cabinet

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