Convention collective · Social et paie
Convention collective propreté : grille des salaires, temps partiel et transfert en 2026
La convention collective propreté (IDCC 3043) est celle des entreprises de nettoyage de locaux et de services associés. Elle classe chaque salarié par filière et par échelon, fixe un taux horaire minimum, impose 16 heures par semaine au moins à temps partiel et organise la reprise du personnel quand un marché change de prestataire. Depuis le 1er avril 2026, le plus bas minimum, 12,52 € de l'heure, dépasse le SMIC de 12,31 € brut.
Par Mikhael Amsellem, associé du cabinet Publié le Grille de l'avenant n° 27
- IDCC
- 3043
- Texte de base
- Signé le 26 juillet 2011, étendu par arrêté du 23 juillet 2012
- Particularité
- Reprise du personnel au changement de prestataire (article 7)
- Grille
- Avenant n° 27, appliqué depuis le 1er avril 2026
La convention collective propreté en bref
La convention est étendue : ses règles s'imposent à toutes les entreprises de son champ, adhérentes ou non à une organisation patronale (Code du travail, article L2261-15). Signée le 26 juillet 2011, elle remplace la convention du 1er juillet 1994 et ses accords annexes. Ses textes de salaires, de classification et de reprise du personnel sont revus par avenants.
| Titre officiel | Convention collective nationale des entreprises de propreté et services associés du 26 juillet 2011 |
|---|---|
| Numéro IDCC | 3043 |
| Extension | Arrêté du 23 juillet 2012, modifié par l'arrêté du 14 août 2012 (Journal officiel du 22 août 2012) |
| Texte intégral | Légifrance, base KALI |
| Fiches du ministère du Travail | Code du travail numérique |
Sources : Légifrance, base KALI (texte de base, article 1er, et arrêtés d'extension) ; Code du travail numérique pour la page de la convention. Relevé du 8 octobre 2026.
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Nettoyage de locaux : les entreprises qui appliquent la convention
L'article 1.1 vise les employeurs et les salariés des entreprises établies en France, quel que soit le pays d'établissement de l'employeur, dont l'activité est :
- le nettoyage de locaux classé sous le code APE 81.2, y compris le nettoyage à l'occasion de remises en état ;
- et/ou le nettoyage à domicile de moquettes, tapis, tentures et rideaux (code APE 96.01A).
Sont exclues les entreprises dont l'activité principale est la désinfection, la désinsectisation et la dératisation, ou le ramonage. Les « prestations associées » (préparation de salles, manutention et déménagements internes, archives, courrier, petite maintenance des bâtiments) se classent dans la même grille que le nettoyage.
La convention applicable reste celle de l'activité principale (Code du travail, article L2261-2). Une entreprise qui fait le ménage chez des particuliers relève plutôt de la convention des services à la personne, qui exclut elle-même le nettoyage à domicile de moquettes et de tapis. Notre outil de recherche du code APE aide à lire le vôtre.
Trois filières, des échelons, deux colonnes : la classification
Le classement dépend de l'emploi réellement exercé, non de son intitulé, et se mesure sur trois critères : l'autonomie et l'initiative, la technicité, la responsabilité (accord du 25 juin 2002, chapitre II). Chaque salarié reçoit sa classification par écrit, dans son contrat de travail.
| Filière | Niveaux et échelons |
|---|---|
| Exploitation, agents | Agent de service (professionnel ASP, confirmé ASC, confirmé spécialisé ASCS), agent qualifié (AQS 1 à 3), agent très qualifié (ATQS 1 à 3), chef d'équipe (CE 1 à 3) |
| Exploitation, maîtrise | Cinq échelons, MP1 à MP5 |
| Administrative | Employés, quatre échelons (EA1 à EA4) ; maîtrise, trois échelons (MA1 à MA3) |
| Cadres | Six échelons, CA1 à CA6 |
Source : accord du 25 juin 2002 sur les classifications, chapitre III, et avenant n° 27 du 18 décembre 2025 (Légifrance), consultés le 8 octobre 2026.
Les agents de service, qualifiés et très qualifiés ont deux taux par échelon. La colonne A vaut pour le salarié qui exerce des activités de propreté, ou des prestations associées. La colonne B s'applique à celui qui exerce de façon continue, pendant au moins 3 mois hors remplacement, au moins une activité de propreté et une prestation associée : il y passe à partir du 4e mois.
Un agent de service professionnel passe automatiquement à l'échelon confirmé le premier jour du mois qui suit un an d'expérience dans la branche (article 3 du chapitre II). Un salarié qui occupe habituellement des emplois d'échelons différents est classé à l'échelon le plus élevé s'il y consacre au moins 20 % de son temps mensuel ; en dessous, il reçoit une prime égale à la différence de taux pour le temps passé sur cet emploi (article 4).
Le diplôme fixe un plancher quand le salarié en met les compétences en œuvre : le CAP « Agent de propreté et d'hygiène » ouvre l'échelon AQS 1, le baccalauréat professionnel « Hygiène propreté stérilisation » l'échelon MP1, le BTS « Métiers des services à l'environnement » l'échelon MP3 (chapitre V, article 1er).
La grille des salaires minima de la propreté en vigueur
La grille en vigueur est celle de l'avenant n° 27 du 18 décembre 2025, étendu par arrêté du 24 février 2026. Il entre en vigueur le premier jour du mois qui suit la publication de l'arrêté d'extension (article 5) : il s'applique depuis le 1er avril 2026, partout en France sauf à Mayotte, dont la grille reste à négocier (article 3). C'est le plus récent des textes de salaires de la branche. La rémunération minimale mensuelle d'un temps plein est le taux horaire multiplié par 151,67 heures.
| Emploi | Minimum de la grille | Mensuel brut, 35 h |
|---|---|---|
| Agents de service, colonne A (propreté ou prestations associées) | ||
| Agent de service professionnel (ASP) | 12,52 | 1 898,91 |
| Agent de service confirmé (ASC) | 12,57 | 1 906,49 |
| Agent de service confirmé spécialisé (ASCS) | 12,64 | 1 917,11 |
| Agent qualifié de service, échelon 1 (AQS 1) | 12,70 | 1 926,21 |
| Agent qualifié de service, échelon 2 (AQS 2) | 12,81 | 1 942,89 |
| Agent qualifié de service, échelon 3 (AQS 3) | 12,92 | 1 959,58 |
| Agent très qualifié de service, échelon 1 (ATQS 1) | 13,17 | 1 997,49 |
| Agent très qualifié de service, échelon 2 (ATQS 2) | 13,91 | 2 109,73 |
| Agent très qualifié de service, échelon 3 (ATQS 3) | 14,95 | 2 267,47 |
| Agents de service, colonne B (propreté et prestations associées) | ||
| Agent de service professionnel (ASP) | 12,71 | 1 927,73 |
| Agent de service confirmé (ASC) | 12,79 | 1 939,86 |
| Agent de service confirmé spécialisé (ASCS) | 12,86 | 1 950,48 |
| Agent qualifié de service, échelon 1 (AQS 1) | 12,91 | 1 958,06 |
| Agent qualifié de service, échelon 2 (AQS 2) | 13,05 | 1 979,29 |
| Agent qualifié de service, échelon 3 (AQS 3) | 13,16 | 1 995,98 |
| Agent très qualifié de service, échelon 1 (ATQS 1) | 13,39 | 2 030,86 |
| Agent très qualifié de service, échelon 2 (ATQS 2) | 14,16 | 2 147,65 |
| Agent très qualifié de service, échelon 3 (ATQS 3) | 15,27 | 2 316,00 |
| Chefs d'équipe | ||
| Chef d'équipe, échelon 1 (CE 1) | 14,43 | 2 188,60 |
| Chef d'équipe, échelon 2 (CE 2) | 15,27 | 2 316,00 |
| Chef d'équipe, échelon 3 (CE 3) | 15,44 | 2 341,78 |
| Agents de maîtrise d'exploitation | ||
| Échelon MP1 | 15,52 | 2 353,92 |
| Échelon MP2 | 16,39 | 2 485,87 |
| Échelon MP3 | 18,18 | 2 757,36 |
| Échelon MP4 | 20,25 | 3 071,32 |
| Échelon MP5 | 21,90 | 3 321,57 |
| Filière administrative, employés | ||
| Employé administratif, échelon EA1 | 12,63 | 1 915,59 |
| Employé administratif, échelon EA2 | 13,54 | 2 053,61 |
| Employé administratif, échelon EA3 | 14,89 | 2 258,37 |
| Employé administratif, échelon EA4 | 16,29 | 2 470,70 |
| Filière administrative, maîtrise | ||
| Échelon MA1 | 18,11 | 2 746,74 |
| Échelon MA2 | 20,56 | 3 118,34 |
| Échelon MA3 | 21,68 | 3 288,21 |
Sources : avenant n° 27 du 18 décembre 2025 relatif aux classifications et aux salaires, article 3, étendu par arrêté du 24 février 2026, appliqué depuis le 1er avril 2026 (France, hors Mayotte) ; arrêté du 22 mai 2026 pour le SMIC. Mensuel : taux horaire × 151,67 heures, arrondi au centime, comme sur un bulletin. Consultés le 8 octobre 2026.
Les cadres ont une rémunération mensuelle minimale, pour 151,67 heures, et non un taux horaire :
| Échelon | Minimum mensuel |
|---|---|
| CA1 | 3 279,71 € |
| CA2 | 3 868,89 € |
| CA3 | 4 323,69 € |
| CA4 | 4 998,10 € |
| CA5 | 5 304,54 € |
| CA6 | 5 795,71 € |
Source : avenant n° 27 du 18 décembre 2025, article 3 (Légifrance), consulté le 8 octobre 2026.
Ce minimum se vérifie pour chaque heure travaillée. Notre calculateur donne le minimum mensuel d'une position, heures majorées comprises, pour un horaire qui se répète chaque semaine : ici 20 heures pour un agent de service confirmé en colonne A.
Salaire minimum Propreté par mois
Avenant n° 27 et SMIC du 1er juin 2026
Minimum brut par mois
1 089,44 €
86,67 h à 12,57 €
Hors avantages en nature, primes et pourboires. Grille de l'avenant n° 27 du 18 décembre 2025 relatif aux classifications et aux salaires, SMIC de l'arrêté du 22 mai 2026, majorations de la convention, article 4.7.2 (majorations des heures supplémentaires), consultés le 8 octobre 2026.
Calculer des heures supplémentaires35 heures, heures majorées et travail de nuit
La durée conventionnelle des salariés à temps complet est de 35 heures par semaine, quel que soit l'effectif de l'entreprise (article 6.1.1). Les heures supplémentaires se paient dès la 36e heure. Le contingent annuel est de 190 heures par salarié. L'employeur peut aussi calculer les 35 heures en moyenne sur un semestre civil : il remet alors un planning prévisionnel chaque mois, la journée ne dépasse pas 10 heures et la semaine 44 heures (article 6.1.4).
| Heures dans la semaine | Majoration | Ou repos par heure |
|---|---|---|
| De la 36e à la 43e heure | 25 % | 1 h 15 |
| À partir de la 44e heure | 50 % | 1 h 30 |
Source : convention, article 4.7.2 : 25 % pour les 8 premières heures au-delà de 35 heures, 50 % ensuite ; repos de remplacement de 125 % et de 150 % après accord de l'employeur et du salarié. Consulté le 8 octobre 2026.
Le calcul des heures supplémentaires refait ces montants pour un autre taux. Les heures effectuées entre 21 heures et 5 heures sont majorées de 20 % pour un travail régulier, de 100 % pour un travail occasionnel (jusqu'à 6 heures pour un travailleur de nuit). Une prime de panier égale à 2 fois le minimum garanti est due aux salariés qui font au moins 6 heures 30 dans la vacation de nuit (article 6.3).
Temps partiel : 16 heures par semaine au moins
Le temps partiel est la règle dans le nettoyage. La durée minimale est de 16 heures par semaine (69 heures 28 par mois), sauf demande écrite et motivée du salarié (article 6.2.4.1). Une vacation est une période continue qui comprend le trajet entre deux chantiers ; une vacation de moins d'une heure est payée comme une heure.
Sauf volonté expresse du salarié, le nombre de vacations dans la journée dépend de la durée du contrat : au plus 2 vacations et 12 heures d'amplitude sous 16 heures par semaine, 2 vacations et 13 heures de 16 à 24 heures, 3 vacations et 13 heures au-delà. Le délai de prévenance d'un changement d'horaire est de 8 jours ouvrés.
Les heures complémentaires peuvent aller jusqu'au tiers de la durée du contrat. Chacune est majorée de 11 % jusqu'à un dixième de la durée du contrat, et de 25 % au-delà. Si le salarié en fait plus d'un dixième pendant deux mois de suite, son contrat est augmenté de la moyenne constatée, sauf opposition de sa part.
Dimanche, jours fériés, prime d'expérience et transport
Le travail du dimanche et des jours fériés est mieux payé depuis le 1er juillet 2026, date d'effet des avenants n° 23 et n° 25 (arrêté du 5 juin 2026). Les heures du dimanche prévues au planning ou au contrat sont majorées de 25 % (20 % auparavant) ; celles qui ne l'étaient pas, de 100 %.
| Situation | Majoration |
|---|---|
| Heures prévues au planning ou au contrat, jour férié autre que le 1er janvier, le 1er mai, le 14 juillet et le 25 décembre | 50 % |
| Heures non prévues, ou travail l'un de ces quatre jours | 100 % |
Source : convention, article 4.7.5, version issue des avenants n° 23 et n° 25, consultée le 8 octobre 2026. Un jour férié chômé est payé au salarié qui a 3 mois d'ancienneté, sauf s'il tombe un jour de repos habituel ; pour le 1er mai, aucune condition d'ancienneté.
La prime d'expérience remplace l'ancienne prime d'ancienneté. Elle est versée chaque mois, selon l'expérience acquise dans la branche, à condition qu'il n'y ait pas eu plus de 12 mois d'interruption entre deux emplois de la profession. Son taux s'applique à la rémunération minimale hiérarchique du salarié, au prorata de son temps de travail.
| Expérience professionnelle | Prime |
|---|---|
| Après 4 ans | 2 % |
| Après 6 ans | 3 % |
| Après 8 ans | 4 % |
| Après 10 ans | 5 % |
| Après 15 ans | 5,5 % |
| Après 20 ans | 6 % |
| Après 25 ans | 7 % |
Source : convention, article 4.7.6, palier de 25 ans ajouté par l'avenant n° 21 du 5 mars 2025 (article 1er), consultée le 8 octobre 2026.
L'indemnité de transport est versée aux salariés non cadres qui viennent au travail en transport public, ou en véhicule personnel faute de transport public, sur présentation du titre de transport. Elle est égale à 7 fois le minimum garanti du 1er janvier, soit 29,75 € par mois en 2026 pour plus de 104 heures de travail par mois, et se calcule au prorata au-dessous. Elle ne se cumule ni avec le remboursement d'un titre de transport ni avec un transport fourni par l'entreprise.
Les salariés non cadres ont un régime de prévoyance (article 8.1) et un régime de frais de santé (article 9), tous deux obligatoires et financés à parts égales entre l'employeur et le salarié, sauf répartition plus favorable. L'entreprise choisit son assureur ; le contrat fixe la cotisation. Les échelons EA4, MP1 à MP3 et MA2 peuvent être rattachés à la catégorie des cadres pour ces garanties, sans que les règles de la convention propres aux cadres leur soient applicables (article 8.0).
Le transfert du personnel quand un marché change de prestataire
Quand une entreprise perd un marché de nettoyage et qu'une autre le reprend dans les mêmes locaux, les contrats de travail des agents affectés au marché se poursuivent chez le nouveau prestataire, de plein droit et sans l'accord du salarié (article 7). C'est la particularité de la branche : le nouvel employeur garantit l'emploi de 100 % des salariés qui remplissent les conditions suivantes :
- appartenir aux échelons AS, AQS, ATQS ou CE et passer 30 % de leur temps de travail total sur le marché, ou être MP1 ou MP2 affecté exclusivement au marché ;
- être en contrat à durée indéterminée avec au moins 6 mois d'affectation sur le marché à la date de fin du contrat commercial, ou en contrat à durée déterminée de remplacement d'un salarié qui remplit ces conditions ;
- ne pas être absent depuis 4 mois ou plus (les congés de maternité et l'activité partielle ne comptent pas), ne pas avoir été déclaré inapte définitif au poste, ne pas être en préavis, et être en situation régulière au regard du droit du travail.
L'entreprise sortante remet à l'entrante la liste du personnel concerné, avec les six derniers bulletins de paie, le contrat et le dernier avis d'aptitude, au plus tard 8 jours ouvrables après que l'entreprise entrante s'est fait connaître. L'entrante établit un avenant au contrat, remis au plus tard le jour du début des travaux, et maintient la rémunération mensuelle brute correspondant aux heures effectuées sur le marché. Elle applique son statut collectif dès le premier jour.
Ces règles se chiffrent avant de répondre à un appel d'offres : l'entreprise entrante reprend 100 % des salariés qui remplissent les conditions, avec leur rémunération mensuelle brute. L'entreprise sortante prépare la liste du personnel et le solde des congés payés avant la fin du contrat.
Période d'essai, préavis, maladie et licenciement
| Durée | Agent de propreté | Employé | Technicien, agent de maîtrise | Cadre |
|---|---|---|---|---|
| Période d'essai initiale | 1 mois | 1 mois | 3 mois | 3 mois |
| Essai, renouvellement compris | 2 mois | 2 mois | 6 mois | 6 mois |
| Préavis, moins de 6 mois d'ancienneté | 1 semaine pour l'employeur, 2 jours pour le salarié | 1 mois | 1 mois | 3 mois |
| Préavis, de 6 mois à 2 ans | 1 mois pour l'employeur, 1 semaine pour le salarié | 1 mois | 1 mois | 3 mois |
| Préavis, plus de 2 ans | 2 mois pour l'employeur, 1 semaine pour le salarié | 2 mois pour l'employeur, 1 mois pour le salarié | 2 mois | 3 mois |
Sources : convention, article 4.1.2 (essai) et article 4.11.2 (préavis réciproque), consultés le 8 octobre 2026. Pas de préavis en cas de faute grave ou lourde. Les préavis des agents et des employés courent à partir d'un mois d'ancienneté, ceux des techniciens et agents de maîtrise à partir de deux mois.
L'essai se renouvelle une fois, si la lettre d'engagement ou le contrat le prévoit et après accord écrit des deux parties. Quand l'employeur y met fin, il prévient le salarié 24 heures avant en dessous de 8 jours de présence, 48 heures jusqu'à un mois, 2 semaines après un mois et 1 mois après trois mois. Le salarié qui rompt prévient 48 heures avant, 24 heures s'il est là depuis moins de 8 jours.
En cas d'arrêt maladie, le salarié qui compte 12 mois d'ancienneté reçoit un complément de l'employeur : 90 % de la rémunération brute pendant 30 jours, puis les deux tiers pendant 30 jours, durées qui augmentent avec l'ancienneté jusqu'à 100 jours à 90 % puis 100 jours aux deux tiers après 30 ans (article 4.9). Il commence au 8e jour d'absence pour un agent de propreté, au 4e pour un employé administratif, un technicien ou un agent de maîtrise, dès le premier jour pour un accident du travail ou une maladie professionnelle. Les cadres, après un an d'ancienneté, gardent leur salaire pendant 70 jours (90 jours après 10 ans), dès le premier jour. Une salariée de 2 ans d'ancienneté garde son salaire pendant 8 semaines de congé de maternité, indemnités journalières déduites ; chaque parent a 4 jours par an, payés à 50 %, pour soigner un enfant malade de moins de 12 ans (article 4.8).
Sans condition d'ancienneté, l'article 4.10.3 accorde 4 jours pour le mariage du salarié, 3 jours pour le décès d'un conjoint, d'un enfant, d'un père ou d'une mère et pour une naissance ou une adoption, 2 jours pour le décès d'un partenaire de Pacs, 1 jour pour le mariage d'un enfant (2 jours après 6 mois d'ancienneté) ou le décès d'un frère, d'une sœur ou d'un beau-parent. Le Code du travail peut accorder davantage : c'est alors la durée la plus longue qui s'applique.
Le licenciement ouvre droit à une indemnité conventionnelle à partir de 2 ans d'ancienneté : un dixième de mois par année jusqu'à 5 ans, un sixième de mois par année de la 6e à la 10e, un cinquième au-delà (article 4.11.3). Elle est inférieure à l'indemnité légale, due dès 8 mois d'ancienneté : un quart de mois par année jusqu'à 10 ans, un tiers au-delà (Code du travail, article R1234-2). Le texte de la convention renvoie d'ailleurs à l'indemnité légale quand elle est plus favorable. Notre calcul de l'indemnité de licenciement donne le montant légal à partir du salaire et de l'ancienneté.
Un bulletin d'agent d'entretien à temps partiel, ligne par ligne
Voici le bulletin d'octobre 2026 d'un agent d'entretien d'une petite entreprise de nettoyage de bureaux du 8e arrondissement, payé au minimum de sa position.
Exemple chiffré
Agent de service confirmé (ASC), colonne A, convention collective des entreprises de propreté et services associés (IDCC 3043) : l'emploi, l'échelon et la convention figurent sur le bulletin. Il travaille 20 heures par semaine, soit 86,67 heures par mois, dont 8 heures le dimanche prévues à son planning. Il a cinq ans d'expérience dans la branche.
| Salaire de base 86,67 h × 12,57 € | 1 089,44 € |
|---|---|
| Prime d'expérience, après 4 ans 1 089,44 € × 2 % | 21,79 € |
| Majoration du dimanche 8 h × 12,57 € × 25 % | 25,14 € |
| Salaire brut | 1 136,37 € |
Sur ce brut, les retenues propres à la branche sont la part salariale de la prévoyance et des frais de santé, dont le taux dépend du contrat de l'entreprise. L'indemnité de transport s'y ajoute : 29,75 € × 20 / 35, soit 17,00 € par mois.
Les cotisations salariales légales dépendent de l'entreprise. Nous établissons ces bulletins chaque mois dans le cadre de notre mission social et paie, plannings, primes et transferts de contrats compris.
Points de vigilance pour une entreprise de propreté
- 01
L'écart avec le SMIC est étroit. Le plus bas minimum dépasse le SMIC de 0,21 € de l'heure. Chaque hausse du SMIC se compare à la grille avant d'être appliquée aux bulletins.
- 02
La colonne A ou B se décide au bout de 3 mois. Un agent qui exerce de façon continue le nettoyage et une prestation associée passe en colonne B, dont les taux sont plus élevés.
- 03
Le temps partiel a un plancher. 16 heures par semaine, sauf demande écrite et motivée du salarié, et un délai de prévenance de 8 jours ouvrés pour changer les horaires.
- 04
Le transfert s'impose aux deux entreprises. L'entreprise sortante prépare la liste du personnel et les attestations de congés, l'entrante remet un avenant au plus tard le jour du début des travaux.
- 05
Les majorations ont changé le 1er juillet 2026. Le dimanche prévu au planning passe à 25 %, les jours fériés se majorent de 50 % ou 100 % selon la date.
- 06
L'indemnité légale de licenciement l'emporte. La formule de la convention est plus basse que celle du Code du travail.
Questions fréquentes
Quel est le salaire minimum d'un agent de nettoyage dans la convention de la propreté ?
Le plus bas taux de la grille est de 12,52 € de l'heure, pour un agent de service professionnel en colonne A, soit 1 898,91 € brut par mois pour 35 heures par semaine. Il dépasse le SMIC de 12,31 € en vigueur depuis le 1er juin 2026. Un agent de service confirmé en colonne A touche au moins 12,57 €, et 12,79 € en colonne B.
Quelle est la durée minimale d'un contrat à temps partiel dans le nettoyage ?
16 heures par semaine, soit 69 heures 28 par mois, sauf demande écrite et motivée du salarié d'une durée plus courte. Une vacation de moins d'une heure est payée comme une heure de travail, et le délai de prévenance d'un changement d'horaire est de 8 jours ouvrés.
Que devient le personnel quand une entreprise de nettoyage perd un marché ?
Le nouveau prestataire reprend de plein droit les contrats des agents affectés au marché : en contrat à durée indéterminée, au moins 6 mois d'affectation, pas d'absence de 4 mois ou plus ni de préavis en cours, et 30 % de leur temps passé sur ce marché. Le salarié garde sa rémunération mensuelle brute pour les heures effectuées sur le marché.
Le travail du dimanche et des jours fériés est-il majoré dans la propreté ?
Oui. Depuis le 1er juillet 2026, une heure du dimanche prévue au planning est majorée de 25 %, et de 100 % si elle n'était pas prévue. Un jour férié travaillé est majoré de 50 %, et de 100 % les 1er janvier, 1er mai, 14 juillet et 25 décembre.
Existe-t-il une prime d'ancienneté dans la propreté ?
Elle s'appelle prime d'expérience. Elle est versée chaque mois après 4 ans d'expérience dans la branche, à hauteur de 2 % de la rémunération minimale hiérarchique, puis de 3 % après 6 ans, jusqu'à 7 % après 25 ans.
Sources
- Convention collective nationale des entreprises de propreté et services associés du 26 juillet 2011, étendue par arrêté du 23 juillet 2012, texte de base, article 1.1 (champ d'application), Légifrance, consulté le
- Avenant n° 27 du 18 décembre 2025 relatif aux classifications et aux salaires, étendu par arrêté du 24 février 2026, article 3 (grille de salaires 2026), Légifrance, consulté le
- Arrêté du 24 février 2026 portant extension de l'avenant n° 27 du 18 décembre 2025 à l'accord du 25 juin 2002 sur les classifications, Légifrance, consulté le
- Accord du 25 juin 2002 relatif aux classifications (annexe I de la convention), chapitres I à V, articles 3 et 4 du chapitre II et article 1er du chapitre V, Légifrance, consulté le
- Convention, article 4.1.2 (période d'essai), Légifrance, consulté le
- Convention, article 4.7 (rémunération minimale, heures supplémentaires, dimanche, jours fériés, prime d'expérience), version issue des avenants n° 21, n° 23 et n° 25, Légifrance, consulté le
- Arrêté du 5 juin 2026 portant extension des avenants n° 23 et n° 25 (travail du dimanche et jours fériés), Légifrance, consulté le
- Avenant n° 21 du 5 mars 2025 (article 4.7.6, prime d'expérience), étendu par arrêté du 29 avril 2025, article 1er, Légifrance, consulté le
- Convention, article 4.8 (égalité professionnelle, maternité, enfant malade), Légifrance, consulté le
- Convention, article 4.9 (maladie et accident), Légifrance, consulté le
- Convention, article 4.10 (congés payés et congés pour événements personnels), Légifrance, consulté le
- Convention, article 4.11 (rupture du contrat, préavis, indemnité de licenciement), Légifrance, consulté le
- Convention, article 6.1 (durée conventionnelle, heures supplémentaires, semestre civil), Légifrance, consulté le
- Convention, article 6.2 (temps partiel), Légifrance, consulté le
- Convention, article 6.3 (travail de nuit), Légifrance, consulté le
- Convention, article 7.2 (transfert conventionnel du personnel), Légifrance, consulté le
- Accord du 23 janvier 2002 relatif à l'indemnité de transport, article 3, avec l'avenant n° 5 du 31 mai 2022, article 1er, Légifrance, consulté le
- Convention, article 8 (prévoyance) et article 9 (frais de santé), Légifrance, consulté le
- Accord professionnel du 12 octobre 2007 relatif au champ d'application des services à la personne, article 1er, Légifrance, consulté le
- Arrêté du 22 mai 2026 relatif au relèvement du salaire minimum de croissance, Journal officiel n° 0121 du 24 mai 2026, consulté le
- Code du travail, articles L2261-2 et L2261-15 (convention applicable, effet de l'extension), consulté le
- Code du travail, article R1234-2 (indemnité légale de licenciement), consulté le