Convention collective · Social et paie
Convention collective du transport routier : taux horaires, ancienneté, frais de déplacement
La convention collective transport routier (IDCC 16) s'applique aux transporteurs de marchandises et de voyageurs, aux déménageurs, aux ambulanciers et aux prestataires logistiques. Chaque activité a ses taux horaires, fixés par coefficient et par ancienneté. Pour les ouvriers du transport de marchandises, trois des quatre taux à l'embauche sont inférieurs au SMIC de 12,31 € de l'heure, en vigueur depuis le 1er juin 2026. Les frais de déplacement des conducteurs ont leur barème 2026.
Par Nathanaël Bouskila, associé du cabinet Publié le
- IDCC
- 16
- Texte de base
- Signé le 21 décembre 1950, étendu par arrêté du 1er février 1955
- Taux horaires
- Un texte par activité ; marchandises : accord du 11 octobre 2023
- Frais de déplacement
- Avenant n° 81, appliqué depuis le 1er janvier 2026
La convention collective transport routier en bref
La convention est étendue : ses règles s'imposent à toutes les entreprises de son champ, adhérentes ou non à une organisation patronale (Code du travail, article L2261-15). Le texte de 1950 pose les règles communes. Quatre annexes règlent le sort de chaque catégorie de salariés : l'annexe I pour les ouvriers, l'annexe II pour les employés, l'annexe III pour les techniciens et agents de maîtrise, l'annexe IV pour les ingénieurs et cadres. Des accords propres à chaque activité s'y ajoutent.
| Titre officiel | Convention collective nationale des transports routiers et activités auxiliaires du transport du 21 décembre 1950 |
|---|---|
| Numéro IDCC | 16 |
| Extension | Arrêté du 1er février 1955, Journal officiel du 26 février 1955 |
| Entrée en vigueur | 21 décembre 1950 |
| Texte intégral | Légifrance, base KALI |
| Fiches du ministère du Travail | Code du travail numérique |
Sources : Légifrance, texte de base (historique de l'article 1er pour l'extension et l'entrée en vigueur) ; Code du travail numérique pour la page de la convention. Consultés le 8 octobre 2026.
Toutes nos fiches sont rangées sur la page des conventions collectives, avec une recherche par numéro IDCC ou par activité.
Les entreprises qui appliquent la convention
L'article 1er énumère les activités de transport qui relèvent de la convention. Le texte reprend la nomenclature d'activités de 1992, qui n'est plus celle d'aujourd'hui :
- le transport routier de voyageurs, régulier (lignes interurbaines, ramassage scolaire) ou occasionnel (excursions, circuits touristiques, location d'autocars avec conducteur) ;
- le transport routier de marchandises, de proximité (livraison de béton prêt à l'emploi, collecte du lait) ou interurbain, y compris le transport lourd et par conteneurs ;
- le déménagement, le garde-meubles et la livraison de meubles avec installation ;
- la location de camions avec conducteur, la messagerie et le fret express, l'affrètement, l'organisation des transports internationaux (transit, commissionnaire en douane) ;
- le courrier hors La Poste, dont les coursiers urbains et les taxis marchandises ;
- la location de véhicules industriels sans chauffeur ;
- les ambulances, le transport de fonds et valeurs et, à l'article 1.2, les prestations logistiques d'entreposage pour le compte de tiers.
La convention vaut pour la France métropolitaine. Le transport pour compte propre d'une entreprise industrielle ou commerciale n'entre pas dans le champ. Dans une entreprise mixte, la convention s'applique au personnel affecté au transport public, le reste suivant la convention de l'autre activité.
Cette liste ne se lit pas sur le seul code APE. L'accord santé de 2012 donne pourtant la correspondance pour le transport de marchandises : 49.41A, 49.41B, 49.41C, 52.29A, 52.29B, 53.20Z et 77.12Z, certains pour partie seulement. Notre outil de recherche du code APE aide à lire le vôtre. Notre page expert-comptable pour le transport détaille l'accise sur le gazole, la TVA du carburant et la capacité financière de ces entreprises.
Quatre annexes, des groupes et des coefficients : la classification
Chaque annexe a sa nomenclature d'emplois. Un salarié dont l'emploi ne figure pas exactement dans la liste se classe par assimilation (annexe I, article 3 ter). Les ouvriers se rangent en groupes ; chez les techniciens et agents de maîtrise, les groupes 1 à 5 forment la maîtrise et les groupes 6 à 8 la haute maîtrise. Chaque groupe correspond à un coefficient hiérarchique, que les tableaux de salaires reprennent.
| Groupe | Coefficient | Emploi |
|---|---|---|
| 3 | 115 M | Livreur ; coursier sur deux-roues |
| 3 bis | 118 M | Conducteur d'un véhicule jusqu'à 3,5 tonnes de poids total en charge ; coursier sur quatre-roues |
| 4 | 120 M | Conducteur d'un poids lourd de plus de 3,5 tonnes et jusqu'à 11 tonnes |
| 5 | 128 M | Conducteur d'un poids lourd de plus de 11 tonnes et jusqu'à 19 tonnes |
| 6 | 138 M | Conducteur d'un poids lourd de plus de 19 tonnes |
| 7 | 150 M | Conducteur hautement qualifié de poids lourd, qui réunit au moins 55 points d'un barème (plus de 19 tonnes, services de 250 kilomètres, repos hors du domicile…) |
Sources : accord du 16 juin 1961, nomenclature des emplois ouvriers (annexe I) pour les emplois ; avenant n° 72 du 5 décembre 1990 (annexe I, salaires) pour les coefficients. Consultés le 8 et le 15 octobre 2026.
L'avenant n° 72 du 5 décembre 1990, toujours rangé parmi les textes de salaires en vigueur, écrit groupe par groupe le coefficient de chaque groupe d'ouvriers, du groupe 1 au coefficient 100 M au groupe 7 au coefficient 150 M. Ses montants en francs sont dépassés, mais les tableaux de salaires actuels gardent ces coefficients : l'employeur lit le taux de chaque salarié dans le tableau en vigueur de son activité, au coefficient de son groupe.
Les salaires : un texte par activité
La convention ne contient pas une grille, mais une par activité. Chaque grille fixe des taux horaires et des garanties annuelles de rémunération, par coefficient et par ancienneté. Voici, au 8 octobre 2026, le dernier texte de salaires de chaque activité dans la base de Légifrance.
| Activité | Dernier texte | Étendu | Appliqué depuis |
|---|---|---|---|
| Transport de marchandises et activités auxiliaires | Accord du 11 octobre 2023 | Oui, arrêté du 19 décembre 2023 | 1er décembre 2023 |
| Transport de voyageurs | Avenants du 27 novembre 2025 (n° 120 ouvriers, n° 102 employés, n° 100 techniciens et agents de maîtrise, n° 93 cadres) | Oui, les quatre, arrêté du 7 avril 2026 | 1er janvier 2026 |
| Déménagement | Avenant n° 24 du 21 janvier 2026 | Oui, arrêté du 6 mai 2026 | 1er juin 2026 |
| Transport sanitaire | Avenant n° 8 du 6 mai 2025 | Oui, arrêté du 22 juillet 2025 | 1er juin 2025 |
| Prestations logistiques | Avenant n° 17 du 12 mars 2026 | Non : adhérents des organisations signataires seulement | 1er avril 2026 |
Sources : Légifrance, base KALI, textes de salaires de la convention, consultés le 8 octobre 2026.
Le transport de marchandises
L'accord du 11 octobre 2023 est le dernier texte de salaires du transport routier de marchandises dans la base au 8 octobre 2026. Un accord plus récent qui ne serait pas encore étendu ne lierait que les entreprises adhérentes des organisations signataires : pour toutes les autres, l'accord de 2023, étendu, reste celui qui fixe les taux.
| Coefficient | À l'embauche | Après 2 ans | Après 5 ans | Après 10 ans | Après 15 ans |
|---|---|---|---|---|---|
| 110 M à 120 M | 12,09 | 12,3318 | 12,5736 | 12,8154 | 13,0572 |
| 128 M | 12,12 | 12,3624 | 12,6048 | 12,8472 | 13,0896 |
| 138 M | 12,14 | 12,3828 | 12,6256 | 12,8684 | 13,1112 |
| 150 M | 12,43 | 12,6786 | 12,9272 | 13,1758 | 13,4244 |
Source : accord du 11 octobre 2023, annexe « Personnels ouvriers roulants et sédentaires », étendu par arrêté du 19 décembre 2023, appliqué depuis le 1er décembre 2023. Consulté le 8 octobre 2026.
L'ancienneté majore le taux de 2 % après 2 ans, de 4 % après 5 ans, de 6 % après 10 ans et de 8 % après 15 ans (annexe I, article 13). Un ouvrier titulaire du CAP de conducteur routier et classé aux groupes 4, 5 ou 6 compte son ancienneté majorée de 2 ans. Le taux est majoré de 3 % pour un conducteur de poids lourd (groupes 4 à 6) à qui l'on demande les connaissances mécaniques pour se dépanner, et pour un livreur ou conducteur qui encaisse des factures.
L'accord fixe aussi, pour chaque coefficient, une garantie annuelle de rémunération (GAR) : 23 629,48 € par an pour un ouvrier à 151,67 heures par mois au coefficient 128 M après 5 ans. Elle compte les éléments de salaire soumis à cotisations, hors heures supplémentaires, indemnités de dimanche et de jour férié, remboursements de frais, intéressement et participation, et se proratise pour une année incomplète (protocole du 7 novembre 1997, article 2). Douze mois payés au seul taux horaire n'y suffisent pas : l'employeur vérifie la garantie sur l'année et verse la différence.
Un ouvrier qui travaille un dimanche reçoit en plus une indemnité forfaitaire de 12,45 € si le travail dure moins de 3 heures, de 28,94 € s'il dure 3 heures ou plus (accord du 11 octobre 2023, annexe). Les mêmes montants valent pour les jours fériés travaillés qui ne donnent pas droit à l'indemnité calculée comme pour le 1er mai (section suivante).
Les employés ont leurs propres taux, de 12,09 euros à l'embauche (coefficients 105 à 120) jusqu'à 12,43 euros (coefficient 148,5) : à l'embauche, seul ce dernier dépasse le SMIC. Les techniciens et agents de maîtrise partent, à l'embauche, de 12,60 euros (coefficient 150) et vont jusqu'à 18,21 euros (coefficient 225). Pour les ingénieurs et cadres, le coefficient 100 garantit 2 621,80 euros par mois jusqu'à 5 ans d'ancienneté dans le groupe, majorés de 10 % en région parisienne.
Les autres activités
Pour le transport de voyageurs, l'avenant n° 120 fixe le taux à l'embauche des groupes 2 à 6 à 12,4270 euros de l'heure, soit 1 884,80 euros par mois pour 151,67 heures, depuis le 1er janvier 2026.
Chez les ambulanciers, les taux garantis à l'embauche sont de 11,89 euros (niveau 1), 11,90 euros (niveau 2) et 12,79 euros (niveau 3) depuis le 1er juin 2025 : les deux premiers sont inférieurs au SMIC. Pour le déménagement et la logistique, les tableaux se lisent dans les avenants cités plus haut.
Les frais de déplacement des ouvriers : un barème 2026
Le protocole du 30 avril 1974 fixe, pour les ouvriers en déplacement, des indemnités forfaitaires que les avenants revalorisent presque chaque année. Celles du transport de marchandises, du déménagement, des activités auxiliaires, du transport de fonds et de la logistique sont fixées depuis le 1er janvier 2026 par l'avenant n° 81 du 2 décembre 2025, étendu par arrêté du 3 février 2026.
| Indemnité | Taux |
|---|---|
| Indemnité de repas | 16,36 € |
| Indemnité de repas unique | 10,07 € |
| Indemnité de repas unique « nuit » | 9,81 € |
| Indemnité spéciale | 4,42 € |
| Indemnité de casse-croûte | 8,87 € |
| Grand déplacement : 1 repas et 1 découcher | 52,31 € |
| Grand déplacement : 2 repas et 1 découcher | 68,67 € |
Source : avenant n° 81 du 2 décembre 2025, annexe, étendu par arrêté du 3 février 2026, appliqué depuis le 1er janvier 2026. Consulté le 8 octobre 2026.
Les conditions de chaque indemnité (distance, heures de départ et de retour, repas pris ou non sur place) sont celles du protocole. Les partenaires sociaux ont pris acte, en 2017, de l'engagement de l'État de maintenir le régime social et fiscal propre à ces indemnités (accord du 4 octobre 2017, article 5). Le transport de voyageurs et le transport sanitaire ont d'autres taux, fixés par l'avenant n° 82 du 11 février 2026 depuis le 1er mars 2026.
Horaires, nuit, dimanche et jours fériés
La durée moyenne maximale de travail effectif est de 46 heures par semaine sur 12 semaines consécutives, ramenée à 44 heures pour le personnel des services d'exploitation et le personnel administratif lié à leur rythme. Le contingent d'heures supplémentaires du personnel roulant est fixé par ce même article à 195 heures par an, dans un texte de 1983 (annexe I, article 4 bis). Pour le personnel roulant, le Code des transports fixe une durée équivalente à la durée légale : 43 heures par semaine pour les « grands routiers » ou « longue distance », 39 heures pour les autres roulants du transport de marchandises, 35 heures pour les conducteurs de messagerie (article D3312-45). Les heures de temps de service faites à partir de la 36e, jusqu'à ces durées, sont payées selon les usages, conventions ou accords collectifs (article D3312-46) ; celles faites au-delà sont des heures supplémentaires (article R3312-47). L'article 12 de la convention, écrit quand la durée légale était de 39 heures, majore les heures supplémentaires de 25 % de la 40e à la 47e heure et de 50 % au-delà ; à défaut d'accord, la loi les majore de 25 % pour chacune des huit premières heures au-delà de la durée équivalente, puis de 50 % (Code du travail, article L3121-36). Le calcul des heures supplémentaires applique les majorations légales.
La période de nuit va de 21 heures à 6 heures. Pour le personnel du transport de marchandises, chaque heure de travail effectif de nuit donne droit à une prime égale à 20 % du taux horaire du coefficient 150 M à l'embauche, soit 2,486 € de l'heure avec le taux de 12,43 € (accord du 14 novembre 2001, article 3.1). À partir de 50 heures de nuit dans le mois, un repos de 5 % du temps de nuit s'y ajoute (article 3.2). La prime entre dans l'assiette des majorations pour heures supplémentaires.
Après 6 mois d'ancienneté, un ouvrier est payé, sous conditions, pour 5 jours fériés légaux non travaillés par an, hors 1er mai. Faute de décision de l'employeur, ce sont le lundi de Pâques, le lundi de Pentecôte, le 14 juillet, la Toussaint et Noël (annexe I, article 7 bis). Un ouvrier mensualisé d'un an d'ancienneté est payé pour chaque jour férié légal chômé. S'il travaille l'un de ces jours payés, l'ouvrier de 6 mois d'ancienneté reçoit en plus de son salaire une indemnité calculée comme pour le 1er mai travaillé (article 7 ter) ; les indemnités forfaitaires citées plus haut valent pour le dimanche et les autres jours fériés travaillés, sans cumul entre elles (article 7 quater).
Essai, préavis, maladie et indemnités
| Durée | Ouvrier | Employé | Technicien, agent de maîtrise | Ingénieur, cadre |
|---|---|---|---|---|
| Période d'essai | 1 mois pour le personnel de conduite, 2 semaines pour les autres | 1 mois | 1 mois (groupes 1 à 5), 2 mois (groupes 6 à 8) | 3 mois |
| Démission | 1 semaine, 2 semaines dans le transport de marchandises | 1 mois | 1 mois (groupes 1 à 5), 2 mois (groupes 6 à 8) | 3 mois |
| Licenciement, moins de 2 ans d'ancienneté | 1 semaine (moins de 6 mois), 1 mois (de 6 mois à 2 ans) | 1 mois | 1 mois (groupes 1 à 5), 2 mois (groupes 6 à 8) | 3 mois |
| Licenciement, 2 ans d'ancienneté et plus | 2 mois | 2 mois | 2 mois | 3 mois |
Sources : annexe I, articles 3 et 5 ; accord du 3 février 2022, article 3 ; annexes II, III et IV. Consultés le 8 octobre 2026. Pas de préavis en cas de faute grave.
Pendant le préavis, le salarié peut s'absenter 2 heures par jour pour chercher un emploi, dans les limites de chaque annexe : 12 heures payées au plus pour un ouvrier. Un ouvrier de transport de marchandises qui démissionne a droit à 12 heures d'absence en tout. La période d'essai d'un cadre est libre de toute rupture le premier mois, puis soumise à un délai de 1 semaine pendant les deux mois suivants.
L'indemnité conventionnelle de licenciement est de 2/10 de mois par année pour un ouvrier ou un employé qui a 3 ans d'ancienneté (1/10 de mois entre 2 et 3 ans), et de 3/10 de mois pour un technicien ou agent de maîtrise de 3 ans ou plus. Un cadre de 3 ans de présence reçoit 4/10 de mois par année passée comme cadre (annexe IV, article 17). Pour un ouvrier, ce calcul est inférieur à l'indemnité légale d'un quart de mois par année (Code du travail, article R1234-2) : c'est la plus favorable des deux qui s'applique. Pour un ouvrier de 8 ans d'ancienneté et un salaire de référence de 2 000 €, l'indemnité légale est de 4 000 €, contre 3 200 € avec le calcul de la convention. Le calcul de l'indemnité de licenciement donne le montant légal à partir du salaire et de l'ancienneté.
Le maintien du salaire d'un ouvrier malade
Un ouvrier mensualisé reçoit un complément de l'employeur, après une carence de 5 jours en cas de maladie, ramenée à 3 jours en cas d'hospitalisation dans le transport de marchandises. Le complément est réduit des indemnités de la sécurité sociale et de la part patronale du régime de prévoyance, et ne peut pas dépasser la rémunération nette que le salarié aurait perçue en travaillant (annexe I, article 10 ter). Entre 1 et 3 ans d'ancienneté, la convention ne prévoit rien pour la maladie : c'est le maintien de salaire du Code du travail qui s'applique (article L1226-1).
| Ancienneté | Arrêt maladie, à partir du 6e jour | Accident du travail, sans carence |
|---|---|---|
| Moins de 1 an | Aucun complément conventionnel | Aucun complément conventionnel |
| 1 an | Aucun complément conventionnel | 100 % du 1er au 30e jour, 75 % du 31e au 90e jour |
| 3 ans | 100 % du 6e au 40e jour, 75 % du 41e au 70e jour | 100 % du 1er au 30e jour, 75 % du 31e au 90e jour |
| 5 ans | 100 % du 6e au 70e jour, 75 % du 71e au 130e jour | 100 % du 1er au 60e jour, 75 % du 61e au 150e jour |
| 10 ans | 100 % du 6e au 100e jour, 75 % du 101e au 190e jour | 100 % du 1er au 90e jour, 75 % du 91e au 210e jour |
Source : annexe I, article 10 ter, version issue de l'accord du 2 octobre 2023. Consulté le 8 octobre 2026. Au palier de 1 an, l'accident du travail doit avoir entraîné 3 jours d'hospitalisation ou 28 jours d'incapacité au moins. L'hospitalisation allonge de 30 jours la période à 75 % de l'arrêt maladie.
Un conducteur dont le permis est retiré définitivement pour inaptitude physique et qui compte 3 ans de conduite dans l'entreprise a droit à une indemnité si l'employeur ne peut pas le reclasser : de 2 mois de salaire entre 3 et 5 ans de conduite à 6 mois au-delà de 20 ans (annexe I, article 11 ter). Le départ en retraite d'un ouvrier ouvre droit, sous conditions d'âge, à une indemnité d'un demi-mois de salaire après 10 ans d'ancienneté, qui monte à 2 mois et demi après 30 ans (article 11 quinquies).
La complémentaire santé du transport de marchandises
Les entreprises du transport routier de marchandises et des activités auxiliaires doivent souscrire un socle minimal de protection santé pour leurs salariés, avec quelques cas de dispense (accord du 1er octobre 2012). Depuis le 1er juillet 2022, la cotisation est de 1,4 % du plafond mensuel de la sécurité sociale (PMSS) par salarié et par mois, soit 56,07 € avec un PMSS de 4 005 € en 2026. L'employeur en prend au moins la moitié (0,70 % du PMSS), et le salarié au plus la moitié (avenant n° 3 du 3 février 2022). Dans le régime local d'Alsace-Moselle, la cotisation est de 1 % du PMSS, à parts égales. Un avenant n° 4 du 13 avril 2026, non étendu, modifie les prestations depuis le 1er janvier 2026 pour les entreprises adhérentes des organisations signataires.
La prévoyance du transport routier a ses propres institutions : la couverture décès-invalidité obligatoire prévue par le décret n° 55-1297 du 3 octobre 1955, pour les secteurs qu'il couvre, est gérée par CARCEPT Prévoyance, et l'inaptitude à la conduite relève de l'IPRIAC (accord du 29 juin 2009 sur la portabilité des garanties et procès-verbal de sa signature). Les taux de cotisation ne sont pas repris dans cette fiche : ils figurent sur les appels de cotisations de ces institutions.
Un bulletin d'ouvrier du transport de marchandises, ligne par ligne
Voici le bulletin d'octobre 2026 d'un ouvrier d'une entreprise de transport de marchandises du Val-de-Marne, payé au minimum de son coefficient.
Exemple chiffré
Ouvrier classé au coefficient 128 M, avec 6 ans d'ancienneté (palier de 5 ans, soit 12,6048 € de l'heure) : le coefficient figure sur le bulletin. Il travaille 35 heures par semaine, soit 151,67 heures par mois. En octobre, il a travaillé un dimanche pendant 3 heures au moins et 20 heures de nuit, et il a pris 14 repas en déplacement et 2 fois un repas avec découcher.
| Salaire de base 151,67 h × 12,6048 € | 1 911,77 € |
|---|---|
| Indemnité de dimanche travaillé 3 heures ou plus | 28,94 € |
| Prime de nuit 20 h × 2,486 € | 49,72 € |
| Salaire brut | 1 990,43 € |
Les frais de déplacement s'ajoutent hors salaire : 14 indemnités de repas à 16,36 € (229,04 €) et 2 indemnités de grand déplacement à 52,31 € (104,62 €), soit 333,66 €. Ces indemnités remboursent des frais : la convention les exclut de la rémunération comparée au minimum (annexe I, article 12).
Sur l'année, ce salarié doit aussi atteindre la garantie annuelle de son coefficient, 23 629,48 €. Payé douze mois au taux horaire, il reçoit 22 941,24 € de salaire de base, et l'indemnité de dimanche ne compte pas : il manque 688,24 €. Si aucun autre élément de salaire retenu par la garantie ne comble cet écart, l'employeur verse la différence.
Les retenues dépendent de l'entreprise : la complémentaire santé du socle de branche et les cotisations salariales légales. Nous établissons ces bulletins chaque mois dans le cadre de notre mission social et paie. Pour un autre salaire, le simulateur de salaire brut en net donne un ordre de grandeur du net, et le calcul du coût d'un salarié donne la charge pour l'employeur.
Points de vigilance pour un transporteur
- 01
Le taux se lit dans le texte de l'activité. Une entreprise de transport de marchandises, de voyageurs, de déménagement ou d'ambulances n'applique pas le même tableau.
- 02
Le SMIC passe avant les taux de départ. Les taux à l'embauche des coefficients 110 M à 138 M sont inférieurs au SMIC depuis le 1er juin 2026 : le contrôle se refait à chaque hausse. Sur l'année, la garantie annuelle de rémunération du coefficient doit aussi être atteinte.
- 03
L'ancienneté majore le taux. Elle compte à partir de la formation du contrat de travail, avec 2 ans de plus pour un conducteur titulaire du CAP.
- 04
Les indemnités de déplacement sont du remboursement de frais. Elles ne servent pas à atteindre le minimum, et leur taux change presque chaque année : le barème de l'avenant n° 81 vaut depuis le 1er janvier 2026.
- 05
La compensation de nuit a sa ligne. L'assiette et le versement de la prime horaire figurent sur le bulletin, ainsi que les heures de repos acquises.
- 06
Pas de prime au kilomètre. Aucune clause de rémunération ne doit inciter au dépassement de la durée du travail ou des temps de conduite, par exemple par une prime fondée sur les distances ou le volume transporté (annexe I, article 14).
- 07
Le permis ne s'oublie pas. Le coût des visites médicales de renouvellement du permis est pris en charge dès 1 an d'ancienneté, temps passé compris (annexe I, article 11 bis).
Questions fréquentes
Quel est le salaire minimum d'un chauffeur routier en 2026 ?
Il dépend du coefficient et de l'ancienneté : la convention fixe des taux horaires, de 12,09 € à 12,43 € à l'embauche pour un ouvrier du transport de marchandises. Les trois premiers taux sont inférieurs au SMIC, de 12,31 € de l'heure depuis le 1er juin 2026, qui s'applique alors. Le taux augmente de 2 % après 2 ans, 4 % après 5 ans, 6 % après 10 ans et 8 % après 15 ans.
Les indemnités de repas d'un conducteur sont-elles du salaire ?
Non, elles remboursent des frais : la convention les exclut de la rémunération qu'elle compare au minimum (article 12 de l'annexe I). Leur taux en 2026 est de 16,36 € pour l'indemnité de repas et de 52,31 € pour un repas et un découcher.
Combien de temps dure le préavis de démission d'un conducteur ?
Deux semaines pour un ouvrier d'une entreprise de transport routier de marchandises, quelle que soit son ancienneté, avec 12 heures d'absence pour chercher un emploi. Pour un employé, c'est un mois ; pour un cadre, trois mois.
Une période de maladie est-elle complétée par l'employeur ?
Dès 1 an d'ancienneté, le maintien de salaire du Code du travail s'applique. Pour un ouvrier mensualisé, la convention fait mieux après 3 ans d'ancienneté : 100 % de la rémunération du 6e au 40e jour d'arrêt, puis 75 % jusqu'au 70e jour. Le délai de carence est ramené à 3 jours en cas d'hospitalisation dans le transport de marchandises.
La prime de nuit est-elle obligatoire dans le transport de marchandises ?
Oui, pour les ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise du transport de marchandises, des activités auxiliaires et du déménagement : chaque heure de travail effectif entre 21 heures et 6 heures donne droit à une prime égale à 20 % du taux horaire du coefficient 150 M à l'embauche, soit 2,486 € de l'heure avec le taux de l'accord du 11 octobre 2023.
Sources
- Convention collective nationale des transports routiers et activités auxiliaires du transport du 21 décembre 1950, texte de base, étendu par arrêté du 1er février 1955 (Journal officiel du 26 février 1955), Légifrance, consulté le
- Convention collective des transports routiers, article 1er (champ d'application), Légifrance, consulté le
- Accord du 11 octobre 2023 relatif à la revalorisation des rémunérations, étendu par arrêté du 19 décembre 2023, Légifrance, consulté le
- Arrêté du 19 décembre 2023 portant extension de l'accord du 11 octobre 2023, Légifrance, consulté le
- Protocole d'accord du 7 novembre 1997 relatif aux rémunérations minimales conventionnelles, article 2 (garantie annuelle de rémunération, point 2.1.3), Légifrance, consulté le
- Accord du 16 juin 1961 relatif aux ouvriers (annexe I), articles 3 à 13, Légifrance, consulté le
- Accord du 16 juin 1961 relatif aux ouvriers, nomenclature et définition des emplois (annexe I), Légifrance, consulté le
- Annexe I, ouvriers, salaires, avenant n° 72 du 5 décembre 1990 (groupes et coefficients), Légifrance, consulté le
- Code des transports, article D3312-45 (durée équivalente du personnel roulant), consulté le
- Code des transports, article D3312-46 (heures payées selon les usages ou accords collectifs), consulté le
- Code des transports, article R3312-47 (heures supplémentaires du personnel roulant), consulté le
- Convention collective nationale des transports routiers, article 12 (durée du travail, majorations des heures supplémentaires), Légifrance, consulté le
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